Protection et sécurité

02AC01 AC PSE1 06-2018

Équipement de protection individuelle

Protection individuelle de l’intervenant

Simple, léger et efficace, l’équipement de protection individuelle doit participer et favoriser à la sécurité de l’intervenant. En fonction des missions, il comprend :

  • une paire de gants à usage unique, pour prévenir le risque de transmission par les mains, de germes dangereux ;
  • des bandes réfléchissantes sur les vêtements ou sur une chasuble, pour améliorer la visibilité du secouriste, notamment la nuit ;
  • des gants de manutention, pour se protéger du risque de plaies des mains lors de manipulation d’objets tranchants ;
  • un blouson adapté en cas de conditions climatiques difficiles, et éventuellement, un casque de protection si le secouriste intervient sur un accident de la circulation, de chantier ;
  • une lampe de poche ou frontale pour travailler en sécurité dans l’obscurité.

Protection contre la contamination

Afin de comprendre comment les mesures de protection peuvent diminuer les risques de contamination, il est nécessaire de les connaître.

L’objectif des techniques de protection utilisables par les intervenants est d’interrompre la transmission d’un germe d’un individu à l’autre et de limiter le risque de transmission d’un germe dangereux aux secouristes.

Pour être efficaces, il est indispensable que ces techniques soient utilisées, chaque fois qu’une victime est prise en charge. En effet, il est impossible de dire si une personne, même apparemment saine, est porteuse ou non d’une maladie infectieuse.

Ces mesures de protection passent par l’application des précautions standards et particulières pour lutter contre les infections.

Protection contre les objets perforants

Il est fréquent de rencontrer des objets perforants (tranchants ou piquants) sur une intervention : débris de verre, métal tranchant, aiguille non protégée...

Les gants à usage unique protègent l’intervenant d’une contamination par des liquides biologiques (sang, urine, salive...), mais nullement du risque de plaie par un objet perforant. Il doit déposer les objets tranchants ou piquants dans les boîtes de recueil des déchets d’activités de soins.

Devant des débris de verre ou autres objets perforants, il doit mettre des gants épais de manutention et veiller à ne pas se blesser ou à ne pas blesser accidentellement un tiers.

Protection lors des manœuvres de réanimation

Même si le risque de transmission par la salive est très faible, il faut éviter d’utiliser une méthode orale directe de ventilation artificielle (bouche-à-bouche, bouche-à-nez) si l’on dispose d’un moyen de ventilation (insufflateur manuel).

Vaccination

Même si l’on est contaminé par un agent infectieux, le développement de la maladie n’est pas obligatoire, notamment si l’organisme est immunisé ou résistant à cet agent. Un des moyens d’acquérir cette résistance est la vaccination.

La vaccination consiste à injecter dans l’organisme tout ou partie de l’agent infectieux tué ou atténué et permettre ainsi à son propre système immunitaire de développer une résistance spécifique. Comme cette résistance peut s’atténuer avec le temps, il est nécessaire, pour certains vaccins, de renouveler la vaccination à intervalle régulier, c’est le « rappel ».

Un certain nombre de vaccinations est recommandé pour le secouriste, en règle général par le service médical de l’autorité d’emploi de l’intervenant. Ce même service peut recommander ou effectuer d’autres vaccinations qu’il juge nécessaires.

Il n’existe pas de vaccination pour chaque germe existant, c’est pourquoi les méthodes de protection décrites ci-dessus sont indispensables.

02PR01 PR PSE1 06-2018

Sécurité sur intervention

Lors du 1er regard, il convient de reconnaître les dangers :

  • effectuer une approche prudente de la zone de l'accident afin d'évaluer les dangers potentiels pour les intervenants et les témoins ;
  • repérer les personnes qui pourraient être exposées aux dangers identifiés et le nombre de victimes. Éventuellement, se renseigner auprès des témoins ;
  • regarder autour de la victime, en restant à distance d'elle pour évaluer la présence de dangers persistants qui peuvent la menacer.

En fonction de cette première analyse de la situation :

  • délimiter clairement, largement et visiblement la zone d'intervention ou de danger et empêcher toute intrusion dans cette zone ;
  • mettre en place les moyens de protection collective en dotation ;
  • supprimer immédiatement et si possible de façon permanente les dangers environnants pour assurer la protection des intervenants, de la victime et des autres personnes, notamment du suraccident. En cas d'impossibilité ou de danger réel et imminent pour la victime, réaliser un dégagement d'urgence. Toutes ces actions peuvent, en fonction des moyens humains à disposition, se faire simultanément.

Pour réaliser la protection, les intervenants doivent utiliser tous les moyens matériels dont ils peuvent disposer et s'assurent si besoin du concours de toute autre personne qui pourrait apporter une aide dans la mise en œuvre de cette protection.

02FT01 FT PSE1 09-2019

Dégagement d’urgence

Dégagement d'urgence

Indication

Le dégagement d'urgence d'une victime est réalisé pour :

  • soustraire une victime à un danger réel, vital, immédiat et non contrôlable ;
  • rendre possible les gestes d'urgence vitale sur une victime se trouvant dans un lieu ou dans une position ne permettant pas de les réaliser.

Justification

Le dégagement d'urgence est destiné à déplacer, de quelques mètres ou plus, en quelques secondes, la victime jusqu'à un lieu sûr pour permettre de réaliser, en toute sécurité, le bilan, les gestes de secours d'urgence et la surveillance de la victime.

Matériel

Aucun matériel.

Réalisation

  • Assurer la sécurité de toute intervention.

Traction par les chevilles

  • Saisir la victime par les chevilles ;
  • tirer la victime sur le sol, jusqu'à ce qu'elle soit en lieu sûr.

Traction par les poignets

  • Saisir la victime par les poignets ;
  • tirer la victime sur le sol, jusqu'à ce qu'elle soit en lieu sûr.

Traction par les vêtements

  • Saisir la victime par ses vêtements ;
  • tirer la victime sur le sol, jusqu'à ce qu'elle soit en lieu sûr.

Traction sous les aisselles1

  • Asseoir la victime en la saisissant par ses vêtements ;
  • se placer derrière elle et saisir ses poignets opposés en passant les avant-bras sous ses aisselles ;
  • surélever la partie supérieure de son corps, ses pieds restant en contact avec le sol ;
  • tirer la victime à reculons, jusqu'à ce qu'elle soit en lieu sûr.

1 Cette technique permet de déplacer la victime dans des escaliers ou sur un sol accidenté, tout en protégeant la tête de la victime.

Sortie d'un véhicule

  • Détacher ou couper la ceinture de sécurité ;
  • dégager éventuellement les pieds de la victime des pédales du véhicule ;
  • passer la main sous son aisselle la plus proche et maintenir son menton ;
  • passer l'autre main sous l'autre aisselle et saisir sa ceinture ou son poignet opposé ;
  • tirer la victime hors du véhicule en se redressant, tout en poursuivant le maintien de sa tête ;
  • allonger la victime sur le sol en zone sûre en accompagnant sa tête et sa nuque.
  • Un second secouriste peut aider à allonger la victime sur le sol.

Dégagement d'un enfant ou d'un nourrisson

  • Dégager le jeune enfant ou le nourrisson en le portant dans les bras.

Traction sur le sol par « équipier relais »1

  • Un 1er secouriste doit :
  • s'allonger au sol ;
  • saisir la victime :
    • au niveau des chevilles, si l'abord se fait par les pieds,
    • par les poignets, la ceinture ou les aisselles, si l'abord se fait par la tête.
  • un ou deux autres secouristes doivent :
  • saisir les chevilles du 1er secouriste,
  • tirer de dessous l'obstacle la victime par l'intermédiaire du 1er secouriste, lorsque ce dernier en donne l'ordre.

Risques

Les techniques de dégagement d'urgence sont susceptibles d'aggraver les lésions de la victime, notamment de la colonne vertébrale, mais permettent de soustraire une victime à une mort quasi certaine.

Évaluation

La victime doit se trouver en quelques secondes hors de danger, en zone sûre.

La prise de risque par le sauveteur est minimale.

1 Cette technique, exceptionnelle, permet de tirer une victime gisant sous un obstacle, accessible par la tête ou par les pieds. Avant toute manœuvre, le calage du véhicule ou de l'obstacle sera réalisé ou vérifié.

02PR02 PR PSE2 07-2026

Sécurité sur intervention particulière

Protection d'un accident électrique

Pour faire face à ce risque, il convient de :

  • s'assurer que la victime n'est pas en contact direct ou indirect (eau, surface métallique...) avec un appareil ou un câble électrique (fil électrique, appareils ménagers sous tension, câble haute tension...) ; Si c'est le cas, faire écarter immédiatement les personnes présentes et leur interdire de toucher la victime.
  • si la victime est en contact avec un appareil électrique, couper le courant (disjoncteur) ou débrancher l'appareil en cause ; Ne pas s'approcher ou toucher la victime avant d'être certain que l'alimentation est coupée1.
  • en présence d'un câble électrique basse ou haute tension sur le sol, ne pas s'approcher et attendre l'intervention d'équipes spécialisées.

Protection d'un accident de la route

Si les intervenants sont en véhicules, il convient de :

  • mettre en œuvre les moyens de protection collective s'ils en possèdent (gyrophares, etc) ;
  • allumer les feux de détresse du véhicule dès qu'il approche du lieu de l'accident et ralentir ;
  • garer2 son véhicule équipé de signalisation en amont, en protection de la zone d'accident ;
  • si le véhicule n'est pas équipé de signalisation, ou si la sécurité est déjà assurée, se garer après le lieu de l'accident ;
  • mettre un gilet de sécurité haute visibilité, avant même de quitter le véhicule.

Dans tous les cas, pour éviter un suraccident, il convient de :

  • baliser3 ou faire baliser de part et d'autre de l'accident, à une distance de 150 à 200 m ;
  • interdire toute approche si un danger persiste (ex. : fuite de matières dangereuses, danger électrique...) ;
  • ne pas fumer et ne pas laisser fumer ;
  • en présence d'un feu naissant dans un compartiment moteur, utiliser un extincteur ou de la terre ;
  • couper le contact de chaque véhicule accidenté ; Si le véhicule possède une clé ou carte de démarrage à distance, éloigner la carte à plus de 5 mètres du véhicule.
  • serrer le frein à main ou caler le véhicule.

Protection contre le monoxyde de carbone

Pour faire face à ce risque4, il convient de :

  • faire évacuer les personnes présentes dans le local et les rassembler ;
  • alerter immédiatement les sapeurs-pompiers qui ont des détecteurs de ce gaz ;
  • attendre les secours en sécurité.

1 Les matériaux, tels que le bois humide ou les vêtements, ne procurent aucune protection contre le courant électrique

2 Sur le bas-côté ou la bande d'arrêt d'urgence sur les voies rapides ou autoroutes ;

3 A l'aide d'un triangle de signalisation (sauf sur les voies rapides ou autoroutes) ou d'une lampe électrique, d'un linge blanc, de feux de détresse du véhicule ;

4 Dans un endroit fermé, où plusieurs personnes présentent des signes communs de malaises avec des maux de tête et des vomissements, une intoxication par libération de monoxyde de carbone doit être suspectée.

Protection contre l'incendie

Pour faire face à ce risque1, il convient d'assurer la protection des personnes et de limiter l'extension du sinistre, pour cela :

  • alerter immédiatement les sapeurs-pompiers,
  • appliquer les consignes sapeurs-pompiers, notamment concernant l'évacuation des occupants ou leur confinement ;
  • fermer ou faire fermer chaque porte derrière soi au cours de son déplacement ;
  • ne jamais utiliser les ascenseurs ou monte-charges ;
  • se baisser le plus près possible du sol ;
  • ne pas s'engager dans un local ou escalier enfumé ;
  • ne pas pénétrer dans un local en feu.

En présence d'une victime dans un local enfumé et non ventilé

  • procéder à son dégagement en urgence :
  • si elle est visible depuis l'entrée du local enfumé ;
  • si le sauveteur juge que ses capacités sont suffisantes pour réaliser ce sauvetage ;
  • si la configuration des lieux lui est favorable ;
  • en retenant sa respiration, uniquement.
  • dans le cas contraire, en informer immédiatement les sapeurs-pompiers.

En cas de fuite de gaz, avérée ou suspectée, dans un local

  • ne pas pénétrer dans le local ;
  • rester à distance et empêcher l'accès ;
  • ne pas provoquer d'étincelles (interrupteurs, sonnerie, lampe de poche, téléphone portable...).

En présence d'une victime dont les vêtements sont en feu

  • allonger la victime sur le sol le plus rapidement possible ;
  • éteindre les flammes ou à défaut les étouffer2.

Protection contre les substances dangereuses

Pour faire face à ce risque3, il convient de :

  • rester à distance de la fuite ou de la matière dangereuse ;
  • écarter les témoins de la scène ;
  • interdire de fumer ;
  • rester en amont de l'accident par rapport au vent pour se protéger des émanations qui peuvent agir à distance de l'accident ;
  • alerter immédiatement les sapeurs-pompiers et leur indiquer éventuellement si le véhicule en cause est porteur d'un panneau de danger signalant des toxiques.

1 Un incendie crée une atmosphère dangereuse du fait de la chaleur, du manque d'oxygène et de la présence de fumées toxiques. Il peut être générateur de brûlures et d'intoxications graves. Pour être allumé et entretenu, un feu a besoin d'un combustible (essence, bois, tissus...), d'une source de chaleur (étincelle, flamme) et d'oxygène.

2 Avec une couverture ou un manteau que l'on retire dès que les flammes sont éteintes.

3 La libération de substances dangereuses ou la fuite de produit toxique est le plus souvent rencontrée à la suite d'un accident de la circulation touchant un véhicule qui transporte des matières dangereuses ou à la suite d'un accident industriel. La présence d'une odeur particulière ou de fumées est signe de cette émanation.