Malaises et affections spécifiques

06AC01 AC PSE1 06-2018

Malaise et aggravation de maladie

Définition

Le malaise est une sensation pénible, traduisant un trouble du fonctionnement de l'organisme, sans que la personne qui en est victime puisse en identifier l'origine. Ce trouble peut être fugace ou durable, de survenue brutale ou progressive, ou correspondre à une maladie qui s'aggrave.

Parfois, la victime ne se rend pas compte de son trouble ou ne peut l'exprimer, c'est alors son entourage qui constate une anomalie et qui demande d'intervenir.

Certaines personnes présentent des malaises répétitifs, souvent identiques, typiques d'une maladie (troubles cardiaques, diabète, asthme). On distingue couramment :

  • le malaise bénin, qui est le plus courant, pour lequel la victime ne montre pas de détresse vitale et dont les signes disparaissent après quelques minutes de repos ; Ce type de malaise a souvent une cause facilement identifiable :
  • fatigue et manque de sommeil,
  • stress, émotion, colère,
  • douleur violente,
  • erreurs alimentaires : repas copieux bien arrosé ou jeûne trop prolongé.
  • le malaise grave, qui peut être révélateur d'une situation pouvant à tout moment entraîner une détresse vitale. Les manifestations que présente la victime peuvent être caractéristiques d'une maladie potentiellement grave et les signes, intenses et localisés, ne s'améliorent pas spontanément ou se répètent malgré la mise au repos.

Causes

De nombreuses causes peuvent entraîner un malaise ou l'aggravation d'une maladie, telles que :

  • une modification des conditions de vie : alimentation (jeûne prolongé, excès alimentaire), exercice physique (intense, prolongé, inhabituel), surmenage, fatigue, manque de sommeil, stress, émotions, traitements médicamenteux (prescription récente, modification de posologie, arrêt brutal d'un traitement au long cours) ;
  • l'expression d'un problème de santé non connu, comme :
  • un accident vasculaire cérébral ou un traumatisme cérébral accidentel récent,
  • une hypo ou hyper-tension artérielle,
  • une hypo ou hyper-glycémie,
  • une fièvre élevée.

Il ne faut pas confondre un malaise ou une aggravation brutale d'une maladie avec la survenue de signes ou de manifestations qui sont secondaires à :

  • une exposition à des facteurs thermiques extrêmes induisant :
  • une hypothermie par exposition accidentelle au froid,
  • une hyperthermie (coup de chaleur, par exemple).
  • une exposition à un produit toxique : monoxyde de carbone, drogue, alcool...

Signes

La victime est consciente et peut présenter des signes de gravité tels que :

  • une sensation de froid 1;
  • une pâleur intense ;
  • une difficulté à respirer 2;
  • une paralysie du bras ou de la jambe, même transitoire ;
  • une difficulté à parler ainsi qu'une déformation de la bouche ;
  • une température de la peau, en particulier chez le nourrisson et la personne âgée, très élevée ou très basse après une exposition prolongée respectivement à la chaleur ou au froid.

En l'absence de signe de détresse vitale rapidement identifiable, c'est le 4ème regard qui permet de retrouver les signes d'un malaise.

L'analyse de la plainte de la victime permet de mettre en évidence des sensations particulières (symptômes) tels que :

  • une angoisse, exprimée par des mots, tels que « Je ne me sens pas bien », « je me sens mal », « je vais mourir... » ;
  • une douleur « dans la poitrine » ou « au ventre », inhabituelle ;
  • une difficulté à respirer ;
  • une faiblesse brutale et intense ;
  • une difficulté à réaliser certains mouvements ;
  • des troubles visuels ou auditifs ;
  • une sensation de chaleur ou de froid ;
  • des nausées, vertiges ;
  • des maux de tête intenses et récents.

L'interrogatoire permet de retrouver parfois des antécédents médicaux (maladies) ainsi que l'existence d'un traitement à prendre régulièrement ou en cas de malaise.

L'examen de la victime permet de mettre en évidence des signes tels que :

  • une difficulté d'élocution, une paralysie d'une partie du corps, des troubles de l'orientation dans l'espace (où sommes-nous ?), dans le temps (d'après vous, quelle est la date d'aujourd'hui ?) ;
  • des tremblements ;
  • des extrémités bleutées (cyanose) ;
  • une fréquence cardiaque supérieure à 120 battements par minute ou inférieure à quarante battements par minute ;
  • une fréquence respiratoire supérieure à vingt mouvements par minute ;
  • des vomissements, des diarrhées.

Risques & Conséquences

Un malaise grave peut à tout moment évoluer vers une détresse vitale.

Principe de l'action de secours

  • apprécier la gravité du malaise ou de l'aggravation d'une maladie ;
  • installer la victime dans une position confortable ;
  • demander un avis médical.

1 La victime est couverte de sueur, sans avoir fourni d'effort ou sans que la température ambiante en soit la cause.

2 La victime ne peut plus parler ou le fait avec de grandes difficultés.

06PR01 PR PSE1 07-2026

Malaise et aggravation de maladie

Face à une urgence ou une détresse vitale, ou en cas d'aggravation

  • appliquer la conduite à tenir adaptée et réaliser en priorité les gestes d'urgence qui s'imposent ;

Si la victime est consciente

  • soustraire la victime aux facteurs1 qui pourraient avoir déclenché la crise ;
  • installer la victime en position d'attente, confortablement2 et sans délai :
  • allongée ;
  • assise en cas de difficultés à respirer ;
  • sinon, dans la position où elle se sent le mieux.
  • poursuivre le bilan ;
  • aider la victime :
  • à dégrafer ses vêtements, en cas de gêne ;
  • à sa demande ou à la demande des secours, à prendre :
    • son traitement prescrit ;
    • du sucre en morceaux.
  • rassurer la victime, lui demander de rester calme ;
  • transmettre les informations recueillies pour avoir un avis médical et appliquer les consignes ;
  • protéger de la chaleur, du froid ou des intempéries ;
  • poursuivre le bilan et surveiller attentivement :
  • l'évolution des signes ;
  • l'aggravation vers une détresse vitale.

Devant des signes de maladie infectieuse3, appliquer les mesures barrières4, de distance physique et d'isolement ;

Cas particulier, devant un malaise vagal ou orthostatique

  • appliquer la conduite à tenir devant une victime qui présente un malaise ;
  • adapter la conduite à tenir avec :
  • inviter la victime à réaliser des manœuvres physiques si la victime :
    • déclare faire régulièrement des malaises « vagaux » ;
    • et présente des signes tels que : étourdissement, nausées, sueurs, sensation de chaleur, points noirs devant les yeux ou sentiment de perte de conscience imminente.

1 Exemple : foule, bruit, etc.

2 Par exemple sur un brancard, un lit, une chaise, ou un canapé, ou à défaut sur le sol.

3 Et plus particulièrement en période épidémique.

4 Exemple : demander à la victime de porter un masque, toutefois, lui proposer de le retirer si cela gêne sa respiration.

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Positions d’attente et de transport

Positions d'attente et de transport

Indication

La position d'attente et de transport est adaptée à l'état et à la détresse de la victime. Ainsi, on distingue, outre la position latérale de sécurité :

  • la position à plat dos, horizontale ; C'est la position d'attente et de transport courante pour toute victime. Elle est particulièrement indiquée si celle-ci présente une détresse circulatoire, nécessite une RCP, ou présente les signes d'un AVC.
  • La position assise ou demi-assise ; C'est une position souvent confortable pour les victimes. Elle est particulièrement indiquée si la victime présente une détresse ou une gêne respiratoire pour lui permettre de mieux respirer.
  • La position allongée sur le côté ; Cette position facilite le transport des victimes qui présentent des vomissements. Elle est aussi indiquée pour le transport des femmes enceintes dans les derniers mois de la grossesse ou en imminence d'accouchement.
  • La position cuisses fléchies, jambes repliées. Elle est indiquée pour les victimes qui présentent une contusion, une plaie grave de l'abdomen ou de violentes douleurs abdominales.

Justification

La position d'une victime, dans l'attente d'un renfort ou pour son transport à l'hôpital, est un des facteurs qui permet de stabiliser ou d'améliorer son état et de rendre plus confortable son attente ou son déplacement.

Matériel

Aucun matériel particulier n'est nécessaire pour installer une victime en position d'attente. Toutefois, le maintien dans cette position est facilité par l'utilisation :

  • du brancard ;
  • d'un matelas immobilisateur à dépression ;
  • de coussins ou couvertures roulées ou repliées.

Réalisation

Position à plat dos, horizontale

Lorsque nécessaire, une victime peut être installée dans cette position, après avoir été retournée si elle était initialement allongée sur le ventre.

Position assise ou demi-assise

Cette position peut être obtenue très rapidement en demandant à la victime de s'asseoir dans un fauteuil ou sur une chaise, en l'appuyant contre une paroi verticale (arbre, mur), en glissant des oreillers ou des coussins dans son dos ou en demandant à un secouriste de se placer à genoux, derrière elle.

Cette position peut être maintenue après avoir installé la victime sur le brancard, en relevant la têtière du brancard.

Position sur le côté

La victime peut être mise sur le côté, aussi bien en position allongée que demi-assise.

Cette position est obtenue en demandant à la victime de s'installer sur le côté ou en l'aidant à se placer sur le côté en la roulant au sol.

Cette position peut être maintenue en installant la victime sur un matelas immobilisateur à dépression ou sur un brancard.

Position jambes fléchies

Cette position est obtenue :

  • en demandant à la victime consciente de maintenir ses membres inférieurs fléchis ;
  • en glissant des coussins ou une couverture repliée sous les genoux de la victime.

Si le brancard le permet, cette position est maintenue en relevant les parties intermédiaires du brancard au niveau des membres inférieurs.

Risques

La mise en position d'attente comporte certains risques parce qu'elle nécessite parfois de mobiliser une victime traumatisée.

Évaluation

La position d'attente choisie est adaptée à l'état ou à la détresse de la victime.

La victime est installée confortablement et la position est stable.

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Aide à la prise de médicaments

Indication

L'administration d'un médicament à une victime est indiquée si elle le demande, car il lui a été prescrit, ou à la demande du médecin régulateur.

Dans certaines situations, le médecin régulateur peut demander l'administration d'un médicament à une victime, même en l'absence de signes de détresse, mais pour la prévenir.

Justification

Certains médicaments ont un effet rapide et très efficace sur des malaises ou l'aggravation brutale d'une maladie.

Leur administration permet de :

  • améliorer l'état de la victime qui présente une détresse respiratoire ou circulatoire ;
  • soulager, diminuer ou faire disparaître une douleur qui est apparue au moment du malaise ou du traumatisme, ou qui vient de s'aggraver.

Matériel

Les médicaments administrés dans ce cadre le sont par injection, par inhalation, par pulvérisation nasale, par ingestion (voie orale), déposés sous la langue (voie sublinguale) ou déposés sur la langue (voie buccale). Ils sont sous forme :

  • d'un gaz (ex. oxygène) ;
  • de spray buccal, parfois administré par l'intermédiaire d'une chambre de mélange (ou chambre d'inhalation) ;
  • de spray nasal (ex. naloxone en spray) ;
  • de comprimés ;
  • de dispositif auto injectable (DAI) (ex. DAI d'adrénaline).

Réalisation

Dans tous les cas
  • S'assurer de la prescription médicale ;
  • Vérifier la date de péremption du produit.
Administration d'un médicament par voie sublinguale ou buccale
  • s'assurer que la victime ne présente aucun trouble de la conscience ;
  • demander à la victime d'ouvrir la bouche ;
  • déposer le comprimé ou réaliser une pulvérisation de produit sous la langue si l'administration est sublinguale ou sur la langue si l'administration est buccale ;
  • demander à la victime de fermer la bouche et de ne pas avaler.

Administration d'un médicament par voie orale

  • s'assurer que la victime ne présente aucun trouble de la conscience et est capable d'avaler ;
  • demander à la victime d'ouvrir la bouche et de tirer la langue ;
  • déposer le comprimé sur la langue de la victime si elle ne peut le faire elle-même ;
  • demander à la victime d'avaler le comprimé avec un peu d'eau.

Administration d'un médicament à l'aide d'un spray buccal

  • suivre les instructions du fabricant, généralement :
  • o secouer vigoureusement le pulvérisateur plusieurs fois ;
  • o mettre en place le pulvérisateur au niveau de la chambre de mélange (ou d'inhalation)1 si nécessaire ;
  • o enlever l'administration d'oxygène, si nécessaire ;
  • o demander à la victime de vider autant que possible l'air contenu dans ses poumons ;
  • o mettre les lèvres de la victime tout autour de l'embout buccal du pulvérisateur ;
  • o demander à la victime de comprimer le pulvérisateur tout en inspirant lentement par la bouche, profondément et le plus longtemps possible ;
  • o demander à la victime de retenir sa respiration pendant 10 secondes avant de respirer de nouveau normalement ;
  • o replacer le masque à inhalation d'oxygène, si nécessaire.

Administration d'un médicament à l'aide d'un dispositif auto-injectable

Après vérification de la limpidité de la solution, l'injection avec un DAI est réalisée par voie intramusculaire sur la face externe de la cuisse ou à défaut dans le deltoïde (face externe de l'extrémité proximale du bras).

  • suivre les instructions du fabricant, généralement :
  • o retirer les dispositifs de protection du DAI ;
  • o placer l'extrémité du DAI (coté seringue) contre la face externe de la cuisse de la victime, à égale distance de la hanche et du genou ou contre le deltoïde (en cas d'urgence, l'injection peut être faite au travers du tissu d'un vêtement si celui-ci n'est pas très épais) ;
  • o maintenir fermement le DAI perpendiculairement contre la face externe de la cuisse ou contre le deltoïde ;
  • o presser le bouton déclencheur ou avec un mouvement de balancement, pousser fermement l'extrémité du dispositif jusqu'à ce que l'on entende un déclic qui confirme le début de l'injection ;
  • o maintenir le dispositif en place pendant quelques secondes avant de le retirer, conformément aux indications du fabricant ;
  • o masser légèrement le site d'injection pendant quelques secondes ;
  • o éliminer le dispositif injecteur dans un conteneur de recueil de DASRI.

Administration d'un médicament à l'aide d'un spray nasal

  • suivre les instructions du fabricant, généralement :
  • o se munir du ou des pulvérisateurs2 ;
  • o tenir le pulvérisateur délicatement entre les doigts et le pouce sans appuyer sur le piston ;

1 L'utilisation d'une chambre de mélange (ou d'inhalation) lors de l'administration d'un médicament par inhalation permet d'augmenter l'efficacité de celui-ci et est recommandée. De même, une inspiration longue lors de l'inhalation permet d'augmenter l'absorption du médicament.

2 Le médicament peut être composé de deux pulvérisateurs, un pour chaque narine.

○ placer l'embout du pulvérisateur complètement dans la narine de la victime en direction de la paroi nasale, à l'opposé de la cloison ; ○ appuyer fermement sur le piston pour délivrer le médicament ; ○ renouveler cette opération dans l'autre narine si indiqué ; ○ observer les réactions de la victime.

Risques & Contraintes

Avant toute utilisation d'un médicament, il convient de s'assurer que celui-ci n'est pas périmé. La date de péremption est clairement inscrite sur la boîte ou le flacon du médicament. En son absence ou si elle est dépassée, le médicament ne doit pas être administré.

L'administration d'un médicament peut entraîner des effets secondaires dont l'apparition impose la transmission d'un nouveau bilan pour avis médical.

Toute administration de médicament ainsi que les réactions de la victime à cette administration doivent être relevées et notifiées sur la fiche d'intervention, en particulier son heure d'administration.

Les DAI possèdent une fenêtre qui permet de contrôler la limpidité de la solution. Si la solution est trouble, colorée ou contient des particules, le dispositif ne devra pas être utilisé.

Les DAI sont équipés d'un système de protection de l'aiguille. Toutefois, si le secouriste se pique avec l'aiguille qui a servi à l'injection, il appliquera la procédure spécifique « accident d'exposition à un risque viral ».

Évaluation

L'administration du médicament est conforme à la prescription médicale. L'administration du médicament améliore l'état de la victime.

06FT03 FT PSE1 11/2021

Manœuvres physiques

Indication

Les manœuvres physiques sont des mesures qui doivent être réalisées dès que la victime reconnaît des signes annonciateurs d'une perte de connaissance imminente d'origine vagale ou orthostatique.

Justification

En agissant sur la circulation, les manœuvres physiques ont pour but de créer une contre-pression vasculaire destinée à augmenter la pression artérielle de la victime. Elles permettent ainsi d'éviter la survenue d'une perte de connaissance et de lésions traumatiques secondaires à une chute.

Réalisation

Les manœuvres physiques doivent être réalisées par la victime elle-même. Si la victime ne connaît pas ces manœuvres, le sauveteur lui expliquera comment les réaliser si possible.

Les manœuvres ne remplacent pas la mise en position de confort de la victime notamment la position allongée. Cependant, si le sauveteur (ou la victime elle-même) est dans l'impossibilité immédiate d'allonger la victime (malaise dans un bus, un avion, le train), les manœuvres physiques peuvent précéder la mise en position allongée.

L'accroupissement (peut être un préalable à la mise en position allongée)

  • Se placer en position accroupie.
  • Baisser la tête comme pour la mettre entre les deux genoux.

Croisement des membres inférieurs

La victime peut être en position allongée ou debout en prenant appui contre un mur :

  • Croiser les membres inférieurs.
  • Contracter les muscles en essayant de tendre les jambes.
  • Serrer les fesses.
  • Contracter la ceinture abdominale.

Crochetage des doigts et tension des muscles des membres supérieurs

  • Agripper les deux mains par les doigts en crochets.
  • Écarter les coudes de la poitrine au maximum.
  • Contracter les deux membres supérieurs en tirant comme pour essayer de séparer les deux mains.

NB : Le croisement des membres inférieurs à une efficacité supérieure aux deux autres techniques.

Évaluation

Les manœuvres physiques sont réalisées par la victime dès l'apparition des premiers signes de malaise, et poursuivis après la mise au repos.

06AC02 AC PSE2 06-2018

Douleur thoracique (non traumatique)

Définition

La douleur thoracique est un signe perçu par une victime qui apparaît de manière aiguë, au repos, ou au cours d'un effort, et siégeant au niveau du thorax.

Causes

Plusieurs causes dont certaines sont plus graves que d'autres peuvent engendrer des douleurs :

  • au niveau du cœur, lors d'une occlusion d'une artère coronaire, ou lors d'une inflammation de l'enveloppe du cœur (péricarde) ou lors d'une fissuration de l'aorte ;
  • au niveau d'un poumon lors d'une infection, lors d'un décollement (pneumothorax) ou inflammation de l'enveloppe du poumon (plèvre) ou lors d'une occlusion d'une artère pulmonaire (embolie pulmonaire) ;
  • au niveau du tube digestif lors du reflux de liquide gastrique dans l'œsophage ;
  • au niveau de la paroi thoracique (névralgie).

Une crise d'angoisse peut aussi s'accompagner d'une douleur thoracique.

Certaines de ces causes imposent une prise en charge spécifique et urgente dont notamment son orientation vers une filière de soins adaptés à la maladie.

Risques & Conséquences

Certaines causes de douleurs thoraciques peuvent conduire à l'atteinte d'une fonction vitale :

  • l'occlusion d'une artère coronaire conduit à un infarctus qui peut se compliquer d'un trouble du rythme cardiaque (fibrillation ventriculaire) et d'un arrêt cardiaque ;
  • la fissuration de l'aorte peut entraîner une hémorragie interne ;
  • l'occlusion d'une artère pulmonaire peut entraîner un arrêt cardiaque si elle est massive et touche un gros vaisseau ;
  • les atteintes d'un poumon peuvent évoluer vers une détresse respiratoire.

Signes

La douleur est au premier plan.

Elle peut débuter spontanément au repos ou pendant ou après un effort. Elle peut aussi survenir dans des circonstances spécifiques et orienter vers une cause : descente d'avion, alitement prolongé, immobilisation avec plâtre, après un accouchement.

Elle peut être accompagnée de signes de détresse détectés lors du 2ème regard qui traduisent la gravité de la situation.

Au 4ème regard, l'analyse de la douleur peut elle aussi orienter vers une maladie. La douleur peut être « en étau » ou « en coup de poignard », comme une déchirure, un poids sur le thorax ou une brûlure ou augmenter avec les mouvements ventilatoires.

Il appartient de préciser le siège de la douleur et son irradiation : douleur au centre de la poitrine ou latéralement ou dans le dos. Cette douleur peut s'étendre au cou, à la mâchoire, aux épaules, voire aux bras ou au creux de l'estomac. Sa sévérité est précisée grâce à l'échelle de douleur.

L'évolution dans le temps est un élément précieux : installation brutale ou progressive, douleur continue ou intermittente. La durée de la douleur doit être précisée.

D'autres signes peuvent accompagner la douleur, et être identifiés lors du 3ème regard, du 4ème regard ou lors de la surveillance de la victime. Ils témoignent de la gravité de la maladie comme :

  • malaise avec pâleur et sueurs ;
  • nausées voire vomissements ;
  • signes de détresse vitale.

Lors de l'interrogatoire de la victime et de son entourage, il est possible d'apprendre que celle-ci :

  • a déjà présenté un épisode similaire, a été hospitalisée ;
  • a déjà des antécédents cardio-vasculaires (angine de poitrine, infarctus) ou pulmonaires (embolie pulmonaire, phlébites) ;
  • présente des facteurs de risques spécifiques comme : tabagisme, tabagisme avec contraceptifs oraux, obésité, diabète, hypertension, hypercholestérolémie ;
  • a des antécédents similaires chez les membres de sa famille.

Principe de l'action de secours

  • préserver les fonctions vitales ;
  • installer la victime dans la position la mieux tolérée ;
  • s'assurer qu'un défibrillateur est à proximité ;
  • demander un avis médical ;
  • aider la victime à prendre un traitement médicamenteux si nécessaire.
06PR02 PR PSE2 07-2026

Douleur thoracique (non traumatique)

Face à une urgence ou une détresse vitale, ou en cas d'aggravation

  • appliquer la conduite à tenir adaptée et réaliser en priorité les gestes d'urgence qui s'imposent ;

Face à une douleur thoracique sans signe évident de détresse

  • appliquer la conduite à tenir devant une victime qui présente un malaise ;
  • adapter la conduite à tenir avec :
  • réaliser un électrocardiogramme.
06AC03 AC PSE2 06-2018

Accident vasculaire cérébral

Définition

L'accident vasculaire cérébral (AVC), parfois appelé attaque cérébrale, est un déficit neurologique soudain d'origine vasculaire (la circulation sanguine d'une partie du cerveau est interrompue).

Le terme « accident » est utilisé pour souligner l'aspect soudain, voire brutal, d'apparition des signes ou des manifestations, bien qu'en fait ce soit effectivement une maladie dont les causes sont de nature interne.

Causes

L'AVC peut être causé par :

  • une obstruction d'une artère cérébrale (infarctus cérébral) par un spasme d'une artère, une plaque d'athérome (thrombose cérébrale) ou un caillot de sang venu obstruer l'artère (embolie cérébrale) ; Cette cause est la plus fréquente (85 %) et peut bénéficier de nouveaux traitements très efficaces s'ils sont administrés précocement (2 à 3 heures après le début des signes).
  • une hémorragie cérébrale due le plus souvent à la rupture d'un vaisseau sanguin (victime hypertendue) ou d'une malformation vasculaire (anévisme par exemple). Les tumeurs et divers troubles de la coagulation peuvent eux aussi entraîner une hémorragie cérébrale.

On parle d'accident ischémique transitoire (AIT) lorsque l'obstruction de l'artère cérébrale se résorbe d'elle-même spontanément avec une disparition plus ou moins rapide des signes en fonction de la durée de l'obstruction.

Les signes sont les mêmes que l'AVC, mais ils durent de quelques secondes à quelques minutes, jamais plus d'une heure, avant le retour à la normale.

L'AIT peut passer inaperçu et être confondu avec un simple malaise. L'AIT est un signe d'alarme, peut annoncer la survenue d'un AVC constitué et présente les mêmes risques.

Risques & Conséquences

L'AVC entraîne une diminution voire un arrêt brutal d'une partie de la circulation sanguine cérébrale. Le trouble neurologique induit par l'AVC est fonction de la taille et de la localisation du vaisseau sanguin touché.

L'interruption de la circulation entraîne une ischémie des cellules nerveuses et les privent soudainement d'oxygène et de sucre, ce qui provoque en quelques minutes leur détérioration puis leur mort.

Dans le cas d'hémorragie, en plus de l'atteinte vasculaire, l'écoulement du sang (hématome) dans l'espace situé entre et autour des méninges et du cerveau comprime les cellules nerveuses et est responsable de signes neurologiques plus ou moins graves en fonction de l'importance de l'hémorragie.

L'AVC est une maladie grave, aux conséquences toujours dramatiques avec un risque de décès ou de survenue de lourdes séquelles. L'AVC est la 1ère cause de handicap chez l'adulte et la 3ème cause de mortalité.

Signes

L'AVC peut être évoqué au cours du 2ème regard, par la survenue le plus souvent brutalement :

  • d'une perte de connaissance ou d'un trouble de la conscience ;
  • d'un déficit moteur touchant toute une moitié du corps (droit ou gauche).

Au cours du 3ème ou 4ème regard, la victime consciente peut présenter un ou plusieurs des signes spécifiques suivants :

  • une déformation de la bouche : la victime présente une asymétrie de la face qui est encore plus évidente si on lui demande de faire la grimace ;
  • une faiblesse ou un engourdissement d'un ou des deux côtés du corps : lorsqu'on demande à la victime de lever et d'étendre les deux bras et les mains devant elle, l'un des bras et/ou la main (ou les deux) ne peuvent être levés ou ne peuvent rester en position et retombent plus ou moins vite ;
  • une difficulté du langage ou de la compréhension : lorsqu'on demande à la victime de répéter une phrase, elle a des difficultés à parler ou à comprendre.

Ces trois signes doivent être systématiquement recherchés. Ils sont communément appelés FAST.

Ils peuvent aussi être accompagnés :

  • d'une diminution ou une perte de la vision d'un œil ou des deux ;
  • d'un mal de tête important, soudain et inhabituel, sans cause apparente ;
  • d'une perte de l'équilibre, d'une instabilité à la marche ou de la survenue de chutes inexpliquées.

Même si tous les signes sont passagers et résolutifs, ils doivent être scrupuleusement recherchés, car la gravité de l'affection et la conduite à tenir restent les mêmes.

Devant ces signes, le secouriste recherchera ou fera préciser à l'interrogatoire de la victime ou de la famille :

  • l'heure où les signes sont apparus et l'heure où la victime a été vue pour la dernière fois sans signes ;
  • l'existence de signes neurologiques identiques dans les 24 heures précédentes ;
  • des antécédents de crise convulsive ;
  • la présence de fièvre ;
  • l'état de validité de la victime : est-ce que la victime est habituellement autonome ou grabataire ? (fauteuil roulant ou alité) ;
  • la présence de facteurs de risques :
  • hypertension artérielle et maladie cardio-vasculaire,
  • diabète ou hypercholestérolémie,
  • obésité, tabagisme,
  • un traitement anticoagulant.
  • des antécédents particuliers dont la connaissance est nécessaire à la prise en charge de la victime en secteur spécialisé :
  • une chirurgie récente,
  • si le malade est porteur d'un stimulateur cardiaque ou présente une contre-indication à la réalisation d'une IRM.

Au cours du 4ème regard, il est indispensable de réaliser une mesure de la glycémie capillaire. En effet, une hypoglycémie peut simuler un AVC et donner un ou plusieurs signes indiqués ci-dessus. Il est donc indispensable de rechercher et de corriger une hypoglycémie avant d'affirmer être en présence de signes d'AVC.

Principe de l'action de secours

  • demander un avis médical immédiat et respecter les consignes ;
  • installer la victime en position d'attente ;
  • surveiller la victime et réaliser les gestes de secours qui s'imposent.
06PR03 PR PSE2 07-2026

Accident vasculaire cérébral

Face à une urgence ou une détresse vitale, ou en cas d'aggravation

  • appliquer la conduite à tenir adaptée et réaliser en priorité les gestes d'urgence qui s'imposent ;

La victime est consciente et présente des signes d'AVC ou d'AIT

  • appliquer la conduite à tenir devant une victime qui présente un malaise ;
  • adapter le conduite à tenir avec :
  • installer la victime :
    • en position strictement horizontale à plat ;
    • ou en position latérale de sécurité1 si elle présente des nausées et des vomissements ;
  • lors du 4ème regard :
    • réaliser une mesure de la glycémie capillaire ;
    • rechercher les éléments spécifiques de l'AVC, les signes, les facteurs de risque et antécédents particuliers ou nécessaires à la prise en charge.
  • transmettre le bilan pour obtenir un avis médical2 et respecter les consignes ;
  • poursuivre le bilan et surveiller attentivement :
    • l'évolution des signes d'AVC,
    • la conscience,
    • la respiration.

Transport

  • maintenir la victime dans la position initiale pendant son transport.

Les victimes d'AVC sont idéalement acheminées vers un centre spécialisé « Unité de soins intensifs neurologiques » ou « unité neuro-vasculaire ». La prise en charge précoce des victimes d'AVC permet d'obtenir des bénéfices réels par rapport à une prise en charge conventionnelle avec un risque de mortalité et de séquelles réduit.

1 Près des 2/3 des victimes qui présentent un AVC présentent des troubles de la déglutition associés.

2 Le médecin régulateur peut vous demander de rechercher d'autres signes spécifiques ou vous mettre en relation avec un neurologue pour récolter les éléments nécessaires à une hospitalisation en unité neuro-vasculaire.

06AC04 AC 06-2018

Crise convulsive généralisée

Définition

La crise convulsive généralisée est une perturbation de l'activité électrique cérébrale qui se traduit extérieurement par une perte de connaissance et/ou un regard fixe accompagné de mouvements musculaires incontrôlés de tout le corps (convulsion généralisée). Ces manifestations sont appelées des convulsions.

Causes

Les crises convulsives peuvent avoir de nombreuses causes dont :

  • le traumatisme crânien ou ses séquelles ;
  • certaines maladies entraînant des lésions cérébrales (infections, tumeurs, AVC) ;
  • l'absorption de certains poisons ou toxiques ;
  • l'hypoglycémie ;
  • le manque d'oxygène au niveau du cerveau particulièrement dans les premières secondes d'un arrêt cardiaque ;
  • une maladie appelée « épilepsie » caractérisée par des crises convulsives récidivantes qui est habituellement contrôlée par des médicaments.

Les enfants, plus particulièrement les nourrissons, peuvent présenter des convulsions provoquées par une variation soudaine de la température (fièvre).

Risques & Conséquences

La survenue d'une crise convulsive peut être à l'origine :

  • de traumatismes au moment de la chute ou des mouvements incontrôlés ;
  • d'une obstruction des voies aériennes chez une victime sans connaissance si elle est laissée sur le dos ou si elle vomit (détresse respiratoire).

Signes

La crise convulsive peut être précédée de signes annonciateurs. La victime peut éprouver une sensation ou une impression inhabituelle (telle qu'une hallucination visuelle ou olfactive).

Lorsqu'elle survient, la crise convulsive généralisée est facilement identifiable au cours du 2ème regard. Elle se caractérise :

  • dans un premier temps, par la survenue d'une perte brutale de connaissance avec chute de la victime ;
  • ensuite, par une raideur de la victime et des secousses musculaires involontaires, rythmées, touchant un ou plusieurs membres, accompagnées d'une révulsion des globes oculaires, d'une respiration irrégulière ou absente, d'une hypersalivation et d'une contracture des muscles de la mâchoire ; Cette phase dure en règle générale moins de cinq minutes, période pendant laquelle la victime peut se mordre la langue.
  • enfin, après les secousses, la victime reste sans connaissance plusieurs minutes. Sa respiration peut être bruyante. Elle peut aussi perdre ses urines, plus rarement ses selles.

Lors de la reprise progressive de sa conscience, la victime peut être hébétée, le regard fixe ou se comporter de manière étrange et ne se souvient de rien (amnésie des circonstances).

Dans certains cas, elle peut enchaîner plusieurs crises convulsives avec ou sans reprise de conscience entre les crises. C'est l'état de mal convulsif qui nécessite une prise en charge médicale urgente.

Chez le nourrisson, la crise convulsive est habituellement provoquée par la fièvre lors d'une maladie infectieuse ou d'une exposition exagérée à la chaleur. Elle s'accompagne :

  • d'une révulsion oculaire ;
  • d'une hypotonie ;
  • d'un tremblement des paupières ;
  • d'une pâleur ou d'une cyanose, en cas d'arrêt de la respiration.

Principe de l'action de secours

  • éviter que la victime ne se blesse ;
  • éviter l'apparition d'une détresse respiratoire.
06PR04 PR 07-2026

Crise convulsive généralisée

Chez l'adulte ou l'enfant

Au début de la crise Pendant la crise A la fin des convulsions
- allonger la victime au sol1 ; - écarter les personnes qui sont autour. - protéger la tête de la victime en glissant si possible un vêtement ou un tissu plié sous sa tête, sans recouvrir les voies aériennes ; - écarter tout objet qui pourrait être traumatisant ; - ne rien2 placer entre les dents ou dans la bouche de la victime. - s'assurer que les voies aériennes de la victime sont libres et vérifier sa respiration ; - appliquer la conduite à tenir adaptée et réaliser en priorité les gestes d'urgence qui s'imposent ; - lorsque la victime redevient consciente, la garder au calme et la rassurer ; - réaliser une mesure de la glycémie capillaire.
INTOXICATIONS (volontaires ou involontaires) Alcool Stupéfiants Médicaments (arrêt brutal, surdosage, interactions médicamenteuses). Les prises de toxiques sont souvent associées entre elles (alcool et cocaïne par exemple) ...
TROUBLES PSYCHIATRIQUES ÉTATS AIGUS : états transitoires, mais qui parfois peuvent être un mode de révélation d'une maladie psychiatrique ÉTATS CHRONIQUES : troubles liés à une affection psychiatrique permanente, engendrant des difficultés dans la vie de la personne, des souffrances et des troubles du comportement (schizophrénie, troubles bipolaires, troubles du comportement alimentaire, troubles addictifs ...)
Lunettes à oxygène 1 2
Lunettes ou visière de protection 3 6
Mannequin de réanimation cardio-pulmonaire adulte (corps entier : bras et jambes) 1 2
Mannequin de réanimation cardio-pulmonaire enfant (corps entier : bras et jambes) 1 2
Mannequin de réanimation cardio-pulmonaire nourrisson 1 2
Masque à inhalation à haute concentration (adulte) EQS
Masque à inhalation à haute concentration (enfant) EQS
Masque à inhalation simple (adulte) EQS
Masque à inhalation simple (enfant) EQS
Masque d'insufflation adulte 1 2
Masque d'insufflation pédiatrique 1 2
Masque d'insufflation nouveau-né 1 2
Masques de protection FFP2 EQS
Masques chirurgicaux EQS
Matériels nécessaires pour les garrots improvisés 1 2
Matériels nécessaires pour les pansements compressifs improvisés 1 2
Matériels de simulation (factices ou neutralisés), maquillages, fausses plaies, etc. 1 2
Oxymètre de pouls* 1 2
Paire de ciseaux type Jesco 1 2
Pansements « américain » EQS
Pansements adhésifs de différentes tailles EQS
Pansements imbibés de substance hémostatique de formation 2 4
Pansements individuels 2 4
Pansements stériles pour brulure type SSA EQS
Pansement type C EQS
Pince à échardes 1 2
Pompe à dépression 1 2
Poubelles DAOM 1 2
Ruban adhésif 1 2
Ruban de balisage 1 2
Sacs poubelles DAOM EQS
Sacs DASRI EQS
Sac de secours 1 2
Sachet plastique refermable 1 2
Sangles de fixation 3 6
Savon neutre liquide EQS
Seaux de couleurs différentes 2 4
Sérum physiologique EQS
Solution détergente / désinfectante pour sol EQS
Solution détergente / désinfectante en spray pour surfaces EQS
Solution hydro-alcoolique EQS
Sondes d'aspiration buccale de différentes tailles EQS
Stéthoscope adulte 1 2
Surblouse EQS
Tensiomètre électronique 1 2
Tensiomètre manuel 1 2
Thermomètre électronique 1 2
Draps à usage unique EQS
Alèse portoir 1 2
Attelle cervico-thoracique 1 2
Bassin d'accouchement 1 2
Bonnet pour nouveau-né 1 2
Brancard cuillère 1 2
Brancard simple 1 2
Ceinture pelvienne de taille moyenne 1 2
Dispositifs médicaux non occlusifs pour plaie au thorax 1 2
Immobilisateur de tête pour plan dur et brancard cuillère 1 2
Kit accouchement comprenant au moins 2 clamps et une paire de ciseaux stérile 1 2
Matelas immobilisateur à dépression 1 2
Plan dur radio transparent 1 2

Dans tous les cas

  • ne jamais contraindre les mouvements de la victime durant toute la crise ;
  • noter l'heure de survenue et la durée de la crise ;
  • poursuivre le bilan, rechercher d'éventuels signes de traumatisme ;
  • transmettre un bilan et appliquer les consignes ;
  • surveiller la victime jusqu'à ce qu'elle retrouve un état normal de conscience.

Chez le nourrisson

La prise en charge est identique à celle de l'adulte, mais il faut en plus :

  • prendre la température de l'enfant ;
  • procéder à un refroidissement actif ;
  • transmettre un bilan, systématiquement.

1 Si elle n'est pas déjà dans cette position pour éviter qu'elle ne se blesse en chutant.

2 Elle n'avalera pas sa langue.

06AC05 AC 07-2026

Crise d’asthme

[06AC05 / 07-2026]

Crise d'asthme

Définition

La crise d'asthme est une détresse respiratoire provoquée par une inflammation et une contraction des fibres musculaires lisses des bronchioles (petites bronches) qui entraîne un rétrécissement brutal de leur calibre.

L'asthme est une maladie respiratoire chronique qui touche un très grand nombre de personnes de tout âge. Sa fréquence est en augmentation, particulièrement dans les zones urbaines et industrialisées.

Les asthmatiques ont souvent avec eux des médicaments sous forme d'aérosol doseur (spray) qu'ils utilisent en cas de crise pour la faire cesser. Ces médicaments entraînent une dilatation des petites bronches et facilitent la respiration.

Causes

Chez les personnes asthmatiques, une crise peut être déclenchée par trois grands types de facteurs :

  • Les facteurs environnementaux : allergènes (poils d'animaux, pollen), fumée, pollution, gaz irritants et variations climatiques.
  • Les facteurs physiques et médicaux : effort physique, infections respiratoires et prise de certains médicaments comme l'aspirine.
  • Les facteurs émotionnels : stress, anxiété ou angoisse.

Les personnes qui souffrent d'asthme peuvent diminuer la survenue de crises en contrôlant leur environnement et en limitant le risque d'exposition aux facteurs déclenchant la crise d'asthme.

Risques & Conséquences

La crise d'asthme rend la respiration difficile et entraîne une détresse respiratoire. Quand la crise survient, la victime peut utiliser des médicaments. Les médicaments de l'asthme relaxent les fibres musculaires lisses des bronchioles et permettent à l'air de circuler jusqu'aux alvéoles. Ceci rend la respiration de la victime plus facile.

Signes

La crise survient généralement chez une personne connue pour être asthmatique.

Forme légère : gêne respiratoire modérée, sans modification notable de la fréquence respiratoire.

Forme grave : on constate dès le 2ème regard que la victime est consciente mais très angoissée et agitée. Elle se plaint de respirer difficilement, refuse de s'allonger et ne peut pas parler. Un sifflement à l'expiration est audible. Ces signes traduisent une détresse respiratoire.

Sans prise en charge rapide, la victime peut perdre connaissance et présenter un arrêt cardiaque.

Principe de l'action de secours

  • faciliter la respiration de la victime ;
  • aider la victime à prendre son traitement ;
  • demander un avis médical, dans tous les cas.
06PR05 PR 07-2026

Crise d’asthme

[06PRO5 / 07-2026]

Crise d'asthme

Face à une urgence ou une détresse vitale, ou en cas d'aggravation

  • appliquer la conduite à tenir adaptée et réaliser en priorité les gestes d'urgence qui s'imposent ;

La victime est consciente et présente des signes d'une crise d'asthme

  • appliquer la conduite à tenir devant une victime qui présente un malaise ;
  • adapter le conduite à tenir avec :
  • soustraire la victime aux facteurs qui pourraient avoir déclenché la crise1 ;
  • administrer de l'oxygène en inhalation si nécessaire ;
  • poursuivre le bilan et surveiller attentivement sa respiration.

Transport

  • maintenir la victime dans la position initiale pendant son transport.

1 Atmosphère enfumée, polluée, poussière.

06AC06 AC 07-2026

Malaise hypoglycémique chez le diabétique

Définition

Comme l'oxygène, le sucre est essentiel au fonctionnement de l'organisme et notamment du cerveau. L'organisme produit une hormone appelée « insuline » qui intervient dans le transport et la pénétration du sucre dans les tissus.

Le diabète est une maladie au cours de laquelle l'organisme, par manque de production de cette hormone, n'arrive pas à réguler le passage et l'utilisation du sucre qui est transporté par le sang vers les tissus du corps et qui s'accumule dans le sang.

Les diabétiques doivent surveiller attentivement la quantité de sucre présente dans leur sang. Ils utilisent un lecteur de glycémie qui permet, à partir d'une goutte de sang prélevée au niveau du doigt, de mesurer et de surveiller le taux de sucre dans le sang. Un régime alimentaire adapté et un traitement médical régulier leur permettent de réguler l'utilisation du sucre par l'organisme.

Un apport insuffisant de sucre ou un excès de traitement peuvent entraîner un manque grave de sucre à l'origine d'un malaise : c'est « l'hypoglycémie ».

La plupart des diabétiques connaissent ce risque et ont sur eux un morceau de sucre qu'ils doivent prendre immédiatement en cas de malaise pour faire remonter le taux de sucre rapidement. Cependant, la survenue du malaise est parfois très brutale.

Causes

Les malaises par manque de sucre sont fréquents chez le diabétique et sont facilités par :

  • une alimentation inadaptée ;
  • un exercice physique inhabituel ;
  • l'excès de traitement ;
  • la déshydratation ;
  • la fièvre...

NB : D'autres malaises d'origine et causes différentes peuvent se rencontrer chez une personne atteinte de diabète. De même, un malaise lié à une hypoglycémie peut se rencontrer chez des personnes qui ne sont pas diabétiques (malaise à l'effort, à jeun).

Risques & Conséquences

Lorsque le taux de sucre diminue, le fonctionnement du cerveau et de tout l'organisme est rapidement altéré. L'hypoglycémie peut déclencher des complications soudaines et potentiellement mortelles comme des convulsions ou une perte de connaissance (détresse neurologique). Il n'en est pas de même pour l'hyperglycémie qui évolue en règle générale progressivement, sans signes visibles sur une période de plusieurs heures ou plusieurs jours et qui fait rarement l'objet d'un recours à des services de secours d'urgence.

Signes

Les signes d'hypoglycémie peuvent être constatés chez une personne connue comme étant diabétique dès le 2ème regard. La victime peut présenter :

  • une perte de connaissance ;
  • des convulsions généralisées ;
  • un trouble du comportement (prostration, agitation, agressivité, signes d'ébriété sans consommation d'alcool) ;
  • des sueurs abondantes ;
  • une pâleur.

Dans certains cas, la victime présente des signes qui peuvent faire évoquer un accident vasculaire cérébral.

Lors du 4ème regard, la victime peut se plaindre :

  • d'avoir faim ;
  • d'être très fatiguée et d'avoir mal à la tête ;
  • de sentir son cœur battre rapidement ;
  • de tremblements.

Mesure de la glycémie capillaire

Lors de l'interrogatoire de la victime ou de son entourage, il est possible d'apprendre que celle-ci est diabétique.

Dans ce cas, devant un malaise chez un diabétique, un test de dépistage d'une hypoglycémie peut être réalisé en utilisant un appareil de mesure de la glycémie capillaire, le glucomètre.

Le résultat instantané de cette mesure permet à l'équipe de secours de transmettre cette information lors du bilan au médecin régulateur pour l'aider dans l'évaluation de la situation et des suites à donner.

Lors du transfert de la valeur de la mesure, il est essentiel d'indiquer l'unité de mesure de la glycémie utilisée par l'appareil : millimoles par litre (mmol/l), milligrammes par décilitre (mg/dl) ou grammes par litre (g/l). En fonction de l'unité, le chiffre est totalement différent.

On considère qu'une victime est en hypoglycémie si la valeur mesurée de la glycémie est < 3,3 mmol/l (ou < 60 mg/dl ou < 0,6 g/l).

Principe de l'action de secours

  • préserver la respiration tout en maintenant la liberté des voies aériennes, si la victime a perdu connaissance ;
  • aider la victime à faire remonter le taux de sucre dans son sang, si elle est consciente ;
  • demander un avis médical, dans tous les cas.
06PR06 PR 07-2026

Malaise hypoglycémique chez le diabétique

Face à une urgence ou une détresse vitale, ou en cas d'aggravation

  • appliquer la conduite à tenir adaptée et réaliser en priorité les gestes d'urgence qui s'imposent ;

Après avoir pris en charge la victime qui a perdu connaissance et respire

  • réaliser une mesure de glycémie capillaire lors du 4ème regard si le matériel est disponible.
  • demander un avis médical en indiquant le résultat de la mesure de glycémie.

Si la victime est consciente

  • appliquer la conduite à tenir devant une victime qui présente un malaise ;
  • adapter la conduite à tenir avec :
  • réaliser une mesure de glycémie capillaire lors du 4ème regard si le matériel est disponible ;

Si la victime est réveillée, réactive, et capable d'avaler, et que :

  • la mesure de la glycémie est < 3,3 mmol/l (ou < 60 mg/dl ou < 0,6 g/l) ;
  • ou l'origine du malaise est inconnue :
  • aider la victime à prendre :
    • de préférence du sucre en morceaux ou en poudre
    • adulte : 4 morceaux ou cuillères à café de sucre ;
    • enfants : 2 à 3 morceaux ou cuillères à café de sucre ;
    • sinon :
    • une boisson sucrée comme un jus d'orange ou du miel,
    • des bonbons contenant du sucrose.
  • demander un avis médical en indiquant le résultat de la mesure de glycémie :
    • si son état ne s'améliore pas rapidement,
    • en cas de doute.
  • surveiller1 la victime :
    • si aucune amélioration ne survient au bout de 15 minutes suite à une ingestion de sucre, une seconde dose de sucre peut être prise.

1 Il faut compter environ 10 à 15 minutes entre l'ingestion du sucre, une élévation de la glycémie et une amélioration des signes.

06AC07 AC 11-2021

Réaction allergique grave

Définition

L'allergie est une réaction de l'organisme à une substance étrangère ou allergène que l'individu touche, inhale, avale ou qui lui est administrée.

Si les réactions allergiques sont relativement courantes et bénignes, elles peuvent dans certains cas donner une réaction généralisée sévère qui met en jeu le pronostic vital. Il s'agit alors d'une réaction allergique grave appelée « réaction anaphylactique » ou « anaphylaxie ».

Causes

L'anaphylaxie est une réaction d'hypersensibilité allergique lorsqu'une personne sensible est en contact avec l'allergène. Les allergènes les plus connus sont souvent contenus dans : les pollens, les aliments, les produits chimiques, les médicaments, les venins.

Risques & Conséquences

L'anaphylaxie se caractérise par l'apparition brutale d'une atteinte des voies aériennes supérieures ou inférieures, ou d'une atteinte cardiovasculaire qui peut évoluer très rapidement vers un arrêt cardiaque et le décès de la victime.

Signes

L'anaphylaxie peut survenir quelques minutes à quelques heures après l'exposition à un allergène (facteur déclenchant), chez une personne qui connaît son allergie ou qui présente ces signes pour la première fois.

Lors du 2ème ou 3ème regard, elle se caractérise par des signes de détresse respiratoire : atteinte des voies aériennes inférieures (souffle court, sifflement expiratoire) ou obstruction des voies supérieures par œdème de Quincke (gonflement de la peau, de la gorge, du visage, de la bouche, des lèvres, de la langue, qui entraîne une voix rauque).

Elle peut aussi prendre la forme d'une détresse circulatoire : accélération de la fréquence cardiaque, pouls radial faible et chute de la pression artérielle. Sans prise en charge rapide, la victime peut perdre connaissance et présenter un arrêt cardiaque.

Lors du 4ème regard, ces signes de détresse s'accompagnent souvent d'une atteinte cutanéomuqueuse (plaques rouges sur la peau généralisées et démangeaisons) et de troubles digestifs (douleurs abdominales, diarrhées, vomissements).

Il est essentiel pour le secouriste de reconnaître ces signes et de savoir les rechercher. Ces manifestations peuvent être isolées, associées ou annoncer une aggravation.

Principe de l'action de secours

  • reconnaître les signes de la réaction allergique grave ;
  • soustraire la victime au facteur déclenchant ;
  • administrer, à la demande de la victime ou du médecin régulateur, un médicament si nécessaire ;
  • réaliser les gestes de secours qui s'imposent.
06PR07 PR 07-2026

Réaction allergique grave

Face à une urgence ou une détresse vitale, ou en cas d'aggravation

  • appliquer la conduite à tenir adaptée et réaliser en priorité les gestes d'urgence qui s'imposent ;

Face à une réaction allergique grave avec signes de détresse1

  • appliquer la conduite à tenir devant une victime qui présente un malaise ;
  • adapter la conduite à tenir avec :
  • éliminer tout contact2 de la victime avec l'allergène si possible et si l'allergène est connu.
  • si la victime possède un traitement3 pour lutter contre les réactions allergiques graves :
    • administrer à la demande de la victime ou du médecin régulateur le traitement prescrit,
    • demander un avis médical immédiatement et appliquer les consignes,
    • surveiller la victime.

En l'absence d'amélioration ou en cas de récidive dans les 5 minutes qui suivent la première injection, une deuxième injection à l'aide de l'auto-injecteur peut être réalisée. Si possible, demander un nouvel avis au médecin régulateur.

Face à une réaction allergique simple sans signes de détresse

  • appliquer la conduite à tenir devant une victime qui présente un malaise ;
  • adapter la conduite à tenir avec :
  • demander un avis médical et respecter les consignes : le médecin régulateur peut, même en l'absence de détresse vitale, demander qu'une auto-injection d'adrénaline soit réalisée.

1 Détresse respiratoire : souffle court, sifflements à l'expiration, œdèmes des voies respiratoires, gonflement, voix rauque. Détresse circulatoire : chute de la tension artérielle, pouls rapide et difficile à percevoir, fréquence cardiaque s'accélère.

2 Par exemple, supprimer le contact avec du latex si la victime est allergique au latex.

3 Auto-injecteur d'adrénaline - AIA