Traumatismes

07AC01 AC PSE1 07-2026

Brûlures

Définition

La brûlure est une lésion de la peau, des voies aériennes ou digestives. Elle est qualifiée de :

  • brûlure simple, lorsqu'il s'agit de rougeurs de la peau chez l'adulte ou d'une cloque dont la surface est inférieure à celle de la moitié de la paume de la main de la victime ;
  • brûlure grave, dès lors que l'on est en présence :
  • d'une ou plusieurs cloques dont la surface totale est supérieure à celle de la moitié de la paume de la main de la victime ;
  • d'une destruction plus profonde (aspect blanchâtre ou noirâtre parfois indolore) associée souvent à des cloques et à une rougeur plus ou moins étendue ;
  • d'un aspect circulaire (qui fait le tour du cou ou d'un membre) ;
  • d'une brûlure dont la localisation est sur le visage ou le cou, les mains, les articulations ou au voisinage des orifices naturels ;
  • d'une rougeur étendue (un coup de soleil généralisé par exemple) de la peau chez l'enfant ;
  • d'une brûlure d'origine chimique, électrique ou radiologique.

Cette gravité est plus ou moins importante en fonction des différentes caractéristiques de la brûlure. Certaines brûlures sont du domaine du médecin traitant, d'autres nécessitent une prise en charge par un véhicule d'évacuation et de premiers secours pour être acheminées vers un service d'urgence. Enfin, les brûlures les plus graves nécessitent une médicalisation de leur transport avant leur acheminement vers un centre de traitement des brûlures.

Causes

La brûlure peut être provoquée par la chaleur, des substances chimiques, l'électricité, le frottement ou des radiations.

Risques & Conséquences

Suivant l'étendue, la profondeur et la localisation, la brûlure peut entraîner :

  • un danger immédiat comme une défaillance circulatoire (en cas de brûlure étendue) ou respiratoire (lors d'une brûlure au visage, au cou ou consécutive à l'inhalation de fumée) ;
  • une douleur sévère ;
  • des conséquences retardées comme l'infection, les séquelles fonctionnelles ou esthétiques.

La brûlure est évolutive, sans action immédiate, elle peut continuer de s'étendre en profondeur et en surface.

Signes

La reconnaissance d'une brûlure est en règle générale facile. Elle est réalisée le plus souvent au cours du 1er regard ou par l'écoute de la plainte principale.

Que la victime présente ou pas une détresse vitale, c'est au cours du 4ème regard que le secouriste analyse les caractéristiques et par là même la gravité d'une brûlure.

Une brûlure se caractérise par :

  • son aspect ;
  • son étendue ;

  • sa localisation ;

  • la présence de douleur.

L'aspect des brûlures diffère en fonction de la profondeur de celle-ci :

  • une peau rouge, sèche et douloureuse traduit une atteinte superficielle ;
  • des cloques ou phlyctènes, uniques ou multiples et plus ou moins étendues, accompagnées d'une douleur forte ou modérée, traduit une atteinte plus profonde ; Elles peuvent se rompre spontanément en libérant un liquide clair. Leur apparition peut être retardée. L'aspect humide d'une zone brûlée en dehors d'un refroidissement à l'eau signe cette atteinte plus profonde.
  • une pâleur cireuse, un aspect noirâtre ou brunâtre de la peau traduit une atteinte très profonde de toutes les couches de la peau. Ces brûlures sont souvent peu douloureuses, car les terminaisons nerveuses ont été détruites.

Une zone brûlée peut revêtir plusieurs aspects conjoints.

L'étendue de la brûlure doit être évaluée, car la surface atteinte conditionne également la conduite à tenir.

Pour évaluer cette étendue, le secouriste peut s'aider de différentes règles dont la plus connue, chez l'adulte, est la règle de Wallace.

Chez l'enfant et pour des petites surfaces, il peut s'aider de la surface de la main (paume et doigts) de la victime qui est égale à 1 % de la surface totale de la peau de la victime, quel que soit l'âge.

La localisation de la brûlure doit être décrite avec précision, notamment s'il s'agit de localisations particulières comme :

  • les brûlures des voies aériennes, objectivées par la présence de traces noires autour des narines et de la bouche ou de la langue, l'existence de toux ou de crachats noirs (qui seront systématiquement recherchés en cas de victimes d'incendie) ou de la modification de la voix qui devient rauque ;
  • les brûlures des mains, des plis de flexion, du visage ;
  • les brûlures à proximité immédiate des orifices naturels.

Une brûlure par ingestion doit être suspectée chez une personne qui, après avoir absorbé un liquide brûlant ou caustique, présente de violentes douleurs dans la poitrine ou à l'abdomen, parfois associées à des lésions de brûlure (chaleurs) ou des traces blanchâtres (caustiques) au niveau des lèvres ou de la bouche.

Une brûlure par inhalation doit être suspectée chez une personne qui a respiré des fumées d'incendies ou inhalé des produits chimiques.

Principe de l'action de secours

  • supprimer la cause ;
  • identifier la gravité et la nature de la brûlure ;
  • limiter l'étendue ;
  • soulager la douleur et l'œdème ;
  • éviter l'apparition ou limiter l'aggravation, d'une détresse vitale éventuelle ;
  • limiter le risque d'infection.
07PR01 PR PSE1 07-2026

Brûlures

Face à une urgence ou une détresse vitale, ou en cas d'aggravation

  • appliquer la conduite à tenir adaptée et réaliser en priorité les gestes d'urgence qui s'imposent ;

Dans tous les cas

  • soustraire la victime à la cause et assurer une protection adaptée au contexte ;
  • initier le bilan et lutter contre la brûlure ;
  • recueillir les caractéristiques1 de la brûlure ;

En présence d'une brûlure thermique

  • refroidir2 immédiatement la surface brûlée tout en retirant les vêtements3, et les bijoux4 :
  • si la brûlure s'est produite il y a moins de 30 minutes ;
  • et si la victime est consciente ;
  • et n'a pas de détresse circulatoire ;
  • et si la surface brûlée est inférieure à : 20% chez un adulte, 10% chez un enfant ou un nourrisson.

En l'absence de point d'eau tempérée, il est possible d'utiliser des compresses stériles enduites de gel d'eau. Les conditions d'utilisation sont les mêmes que celles de l'arrosage et précisées par le fabricant ou l'autorité d'emploi.

Les jeunes enfants présentant des brûlures thermiques et bénéficiant d'un refroidissement actif à l'eau courante doivent être surveillés pour détecter tout signe et/ou symptôme de refroidissement excessif du corps.

  • adapter la conduite à tenir selon la gravité de la brûlure :

Si la brûlure est grave

  • dès le début de l'arrosage, demander un avis médical et appliquer les consignes ;
  • poursuivre le refroidissement, selon les consignes données ;
  • après refroidissement,
  • installer la victime en position d'attente, confortablement5 et sans délai :
    • allongée confortablement ;
    • assise en cas de gêne respiratoire.
  • ne pas percer les cloques et protéger la brûlure :
    • par un pansement, un champ stérile ou un film⁶ plastique non adhésif ;
    • si la victime est brûlée sur une surface très étendue, l'envelopper dans un drap stérile.
  • envelopper la victime dans une couverture isotherme⁷ ;

1 Surface, localisation, circonstances de la brûlure, présence de traces noires autour des narines, de la bouche ou de la langue, raucité de la voix, produit, conditionnement, emballage, fiche de donnée sécurité, etc.

2 Avec de l'eau courante tempérée et à faible pression. Pendant au moins 10 minutes, idéalement 20 minutes. Débuter l'arrosage après 30 minutes n'a pas d'intérêt.

3 Sur ou près de la peau brûlée, s'ils n'adhèrent pas à la peau.

4 Sur ou près de la peau brûlée.

5 Par exemple sur un lit, une chaise, ou un canapé, ou à défaut sur le sol.

⁶ Type film alimentaire. Il maintient l'humidité et épouse facilement la zone brûlée.

⁷ La couverture isotherme permet de lutter contre une hypothermie qui, chez un brûlé grave, peut survenir rapidement.

Si la brûlure est simple

  • poursuivre le refroidissement jusqu'à disparition de la douleur ;
  • ne jamais percer les cloques ;
  • protéger la brûlure par un pansement stérile ou un film plastique non adhésif1 ;
  • conseiller à la victime de consulter un médecin :
  • si elle n'est pas à jour de sa vaccination antitétanique ;
  • s'il s'agit d'un enfant ou d'un nourrisson ;
  • si des signes d'une infection2 apparaissent dans les jours qui suivent.

En présence d'une brûlure électrique

  • appliquer la conduite à tenir face à une brûlure thermique grave, en adaptant comme suit :
  • ne jamais toucher la victime avant la suppression du risque électrique ;
  • arroser les zones visiblement brûlées à l'eau courante tempérée ;

En présence d'une brûlure par produit chimique ou interne par inhalation

  • se protéger pour éviter tout contact avec l'origine de la brûlure ;
  • demander à la victime de se rincer immédiatement et abondamment à l'eau courante tempérée :
  • en cas de projection sur les vêtements ou la peau : rincer3 l'ensemble du corps de la victime et ôter sous l'eau ses vêtements imbibés de produit ;
  • en cas de projection dans l'œil : rincer3 l'œil atteint et faire retirer les lentilles de contact pendant le rinçage ;
  • en cas d'ingestion : ne jamais faire vomir ou boire, et conserver les informations4 du produit ;
  • en cas d'inhalation5 : en présence de difficultés respiratoires, placer la victime en position assise ;
  • se laver les mains après avoir réalisé les gestes de secours.

Dans tous les cas

  • demander un avis médical en transmettant le bilan.
  • adapter la conduite à tenir selon les consignes du médecin ;
  • installer la victime en position d'attente, confortablement⁶ et sans délai ;
  • poursuivre le bilan et surveiller attentivement la circulation et la respiration⁷.

1 Type film alimentaire. Il maintient l'humidité et épouse facilement la zone brûlée.

2 Apparition de fièvre, de suintements, d'une zone chaude, rouge, gonflée ou douloureuse, notamment dans les 24 heures.

3 Veiller à ce que la substance diluée par l'eau de rinçage ne nuise pas au secouriste ou aux tissus sains de la personne (en entrant en contact avec la peau non affectée ou l'œil non blessé, par accumulation de produit dilué dans les chaussures, etc).

4 Conditionnement, emballage, fiche de donnée sécurité, etc.

5 Ce type de brûlure doit être suspecté chez une personne qui a respiré des fumées d'incendie ou inhalé des produits chimiques.

⁶ Par exemple sur un brancard, un lit, une chaise, un canapé ou à défaut sur le sol.

⁷ Les difficultés respiratoires peuvent survenir à distance de l'accident en cas de brûlure par inhalation.

07AC02 AC PSE1 09-2014

Plaie

Définition

La plaie est une lésion de la peau avec effraction et atteinte possible des tissus sous-jacents.

Causes

Les plaies sont généralement secondaires à un traumatisme de :

  • l'extérieur vers l'intérieur : coupure, piqûre, projectile, coup, morsures ;
  • l'intérieur vers l'extérieur : fracture ouverte, l'os cassé perforé la peau.

Risques & Conséquences

Suivant son importance et sa localisation, une plaie peut avoir pour la victime plusieurs types de conséquences, comme :

  • une hémorragie ;
  • une atteinte des organes sous-jacents ;
  • une infection de la plaie, qui peut s'étendre à tout l'organisme.

Ces atteintes peuvent entraîner une défaillance respiratoire, circulatoire ou neurologique.

Toute plaie, toute piqûre, même minime, peut provoquer une maladie parfois mortelle : le tétanos. Seule la vaccination antitétanique protège du tétanos. Si le sujet n'a pas été vacciné, ou si la vaccination a plus de dix ans chez l'adulte ou cinq ans chez l'enfant, il doit immédiatement consulter un médecin.

Une plaie peut aussi entraîner pour l'intervenant un risque de contamination par le sang de la victime (virus des hépatites et VIH).

Signes

La personne est le plus souvent victime d'un traumatisme, avec ou sans signe de détresse vitale.

C'est au cours du 4ème regard qu'est recherchée la présence de plaies, déterminée leur localisation, leur aspect et identifiée leur gravité.

L'aspect d'une plaie permet d'apprécier plus facilement sa gravité et de décrire précisément la lésion lors de la transmission du bilan. On distingue ainsi :

  • la contusion, qui est un choc ou un coup susceptible de provoquer une rupture des vaisseaux situés immédiatement sous la peau ; Le sang s'échappe dans les tissus sous l'épiderme, donnant une coloration violette et un aspect gonflé à la peau qui ne peut pas être rompue, c'est l'hématome. Ces hématomes sont parfois très étendus, traduisant une lésion plus profonde comme une fracture ou une lésion interne.
  • l'écorchure, qui est une plaie simple et superficielle avec un aspect rouge et suintant, souvent douloureuse et généralement provoquée par une chute avec glissement ou friction ; De petits corps étrangers incrustés dans la peau peuvent entraîner des infections secondaires.
  • la coupure, qui est provoquée par un objet tranchant (couteau, morceau de verre) ; Elle peut être accompagnée d'une hémorragie ou d'une lésion d'un organe sous-jacent.
  • la plaie punctiforme (en forme de point), qui est une plaie souvent profonde, provoquée par un objet pointu (clou, arme blanche, projectile) pouvant traverser les organes sous-jacents ;

C'est une plaie souvent grave même si son aspect extérieur ne l'est pas. Une plaie par injection de liquide sous pression (accidents du travail ou de bricolage) présente le plus souvent ces caractéristiques.

  • la lacération, qui est une déchirure souvent complexe de la peau par arrachement ou écrasement.

Cette plaie est irrégulière avec une atteinte des tissus sous-jacents.

Au-delà de l'aspect de la plaie, il convient d'en distinguer la gravité. Ainsi :

  • une plaie est considérée comme simple lorsqu'il s'agit d'une petite coupure superficielle, d'une éraflure saignant peu, qui n'est pas située au niveau d'un orifice naturel ou de l'œil ;
  • une plaie est considérée comme grave du fait, entre autres :
  • d'une hémorragie associée,
  • d'un mécanisme pénétrant (objet tranchant ou perforant, morsures, projectiles),
  • de sa localisation : cou, thorax, abdomen, œil, orifices naturels,
  • de son aspect (déchiquetée, écrasée),
  • de plaies multiples.

En cas de doute, la plaie doit être considérée comme grave.

Une plaie par injection de liquide sous pression est toujours une plaie grave dont la prise en charge chirurgicale est urgente.

Principe de l'action de secours

  • identifier la gravité d'une plaie ;
  • limiter les risques d'aggravation vers d'une détresse vitale ;
  • limiter le risque d'infection.
07PR02 PR PSE1 07-2026

Plaie

Face à une urgence ou une détresse vitale, ou en cas d'aggravation

  • appliquer la conduite à tenir adaptée et réaliser en priorité les gestes d'urgence qui s'imposent ;

En présence d'une plaie grave

  • ne jamais retirer le corps étranger pénétrant (couteau, morceau de verre, etc.)1;
  • installer la victime en position d'attente, confortablement2 et sans délai :
  • assise3 en laissant la plaie à l'air libre en présence d'une plaie au thorax ;
  • allongée4, jambes fléchies5 en présence d'une plaie de l'abdomen ;
  • allongée, yeux fermés⁶ en demandant de ne pas bouger la tête en présence d'une plaie à l'œil ;
  • allongée⁷ dans tous les autres cas.
  • à l'exception des plaies du thorax, protéger la plaie par un pansement ou un champ stérile humidifié⁸ ;
  • protéger la victime contre le froid, la chaleur ou les intempéries ;
  • poursuivre le bilan et surveiller attentivement son état du fait d'un risque d'aggravation brutale.

En présence d'une plaie simple

  • se laver les mains avec de l'eau et du savon ou utiliser une solution hydroalcoolique ;
  • se protéger par le port de gants ;
  • nettoyer la plaie :
  • avec de l'eau courante (propre) ou en bouteille, à défaut avec du sérum physiologique ;
  • utiliser du savon si la plaie est souillée ;
  • s'aider si besoin d'une compresse pour enlever les souillures.
  • sécher la zone autour de la plaie et la protéger par un pansement ;
  • conseiller à la victime de consulter un médecin si :
  • elle n'est pas à jour de sa vaccination antitétanique ;
  • la plaie devient chaude, rouge, si elle suinte, si elle gonfle ou si elle continue de faire mal dans les vingt-quatre heures.

En présence d'une plaie par injection de liquide sous pression

  • recueillir la nature du produit injecté et la valeur de la pression d'injection, si possible ;
  • demander un avis médical en transmettant le bilan.

1 Cela risque d'aggraver la plaie.

2 Par exemple sur un brancard, un lit, une chaise, un canapé ou à défaut sur le sol.

3 La position assise facilite la respiration lorsque l'on est en présence d'une plaie au thorax.

4 La position allongée permet de prévenir les détresses et d'éviter les complications.

5 La flexion des jambes d'une victime préalablement allongée permet, par le relâchement des muscles de l'abdomen, de diminuer la douleur.

⁶ La fermeture des yeux et l'immobilité de la tête permettent de limiter les risques d'aggravation de la lésion de l'œil.

⁷ La position allongée permet de prévenir les détresses et d'éviter les complications.

⁸ Eau stérile ou sérum physiologique.

En présence d'un traumatisme dentaire1

  • se laver les mains avec de l'eau et du savon ou utiliser une solution hydroalcoolique ;
  • se protéger par le port de gants ;
  • aider la personne à arrêter le saignement dans la bouche :
  • demander à la victime de se rincer la bouche avec de l'eau, si possible froide ;
  • appliquer une compresse humide sur la zone qui saigne dans la bouche2 ;
  • demander à la victime de mordre la compresse humide.
  • conditionner la dent tombée :
  • la récupérer en la saisissant par la couronne et pas par la racine ;
  • la rincer3 si elle est souillée pendant 10 secondes maximum ;
  • l'envelopper dans un film étirable alimentaire ;
  • à défaut, la conserver dans un petit récipient contenant4 du lait de vache ou de la salive de la victime
  • faire transporter la dent conditionnée avec la victime ;
  • indiquer à la victime de consulter immédiatement un chirurgien-dentiste.

1 Délégement d'une dent suite à un choc.

2 Ne pas le faire si la victime risque d'avaler la compresse (par exemple, un petit enfant, une personne agitée ou qui présente des troubles de la conscience).

3 Avec du sérum physiologique ou sous l'eau courante.

4 Il ne faut pas la conserver dans de l'eau du robinet ni dans du sérum physiologique.

07FT01 FT PSE1 12-2022

Pansement

Indication

Cette technique est indiquée pour protéger une plaie, après son nettoyage et éventuellement sa désinfection.

Justification

En protégeant la plaie des souillures, le pansement limite le risque d'infection secondaire.

Matériel

Il existe différents types de pansements.

Le pansement adhésif

Le pansement adhésif est prédécoupé, stérile et sous emballage individuel. Il se compose :

  • D'une compresse ;
  • D'une fixation adhésive qui ne doit pas être irritante pour la peau (hypoallergénique).

Le pansement individuel

Le pansement individuel est, à l'origine, conçu pour les plaies par balle. Il peut néanmoins être utilisé pour tout type de plaie non étendue. Ce pansement est stérile. Il est contenu dans un emballage qui s'ouvre sans être déchiré, en décollant et séparant simplement les bords de l'emballage. Il se compose :

  • D'une bande non extensible ;
  • De deux compresses absorbantes, l'une fixe, l'autre mobile, pouvant ainsi se déplacer sur toute la longueur de la bande ;
  • D'une épingle permettant la fixation de la bande.

Le pansement Type C

Déployé, le pansement Type C permet la protection d'une ou plusieurs plaies grâce à la différence de taille des compresses qu'il contient. Fermé, il se présente sous la forme d'un cylindre, protégé par une enveloppe plastique. Une fois déplié, il se compose :

  • D'une compresse absorbante de 40 x 13 cm (compresse principale) ;
  • D'une compresse absorbante de 16 x 14 cm ;
  • D'une compresse de 14 x 60 cm ;
  • D'une bande extensible ;
  • De deux épingles.

Réalisation

Ne jamais toucher avec les doigts, même recouverts de gants, la partie du pansement qui entrera en contact avec la plaie.

Avec un pansement adhésif

  • Choisir le pansement en fonction des dimensions de la plaie ;
  • Sortir le pansement de son emballage stérile ;
  • Appliquer le pansement sur la plaie simple, en retirant les protections des zones autocollantes ;
  • Appliquer les parties collantes sur la peau saine, puis les lisser avec le doigt.

Avec un pansement individuel

  • Ouvrir l'emballage sans le déchirer ;
  • Sortir le sachet stérile et l'ouvrir ;
  • Dérouler la bande, sans toucher aux compresses absorbantes ;
  • Appliquer les compresses sur la plaie ; S'il s'agit d'une plaie par balle, appliquer une compresse sur le point d'entrée et l'autre, en la faisant coulisser, sur le point de sortie.
  • Attacher la bande avec l'épingle de sûreté.

Avec un pansement Type C

  • Ouvrir l'emballage en plastique ;
  • Ouvrir l'emballage papier et enlever la compresse ;
  • Dérouler le pansement ;
  • Appliquer les compresses absorbantes sur la ou les plaies ;
  • Maintenir la ou les compresses avec la bande, maintenue à l'aide des épingles.

La compresse non absorbante peut servir de support au matériel non utilisé.

Risques & Contraintes

Un pansement peut cacher un saignement et un bandage circulaire peut conduire à un effet garrot. Aussi, il convient de surveiller attentivement l'apparition progressive d'une douleur diffuse ou d'un saignement et de contrôler la circulation du membre en dessous du pansement (pouls, temps de recoloration cutanée, aspect de la peau).

Dans le cas d'un pansement du front ou du cuir chevelu, la technique ne peut pas être réalisée sur une personne allongée, suspecte d'un traumatisme du rachis cervical (en effet, il serait nécessaire de soulever la tête de la victime pour passer la bande).

Évaluation

La lésion cutanée est entièrement recouverte par le pansement, et aucune douleur n'apparaît au niveau de la zone bandée après une dizaine de minutes.

07FT02 FT PSE1 09-2014

Maintien d’un pansement

Maintien d'un pansement

Indication

Cette technique est indiquée afin d'assurer le maintien d'un pansement non compressif sur une plaie.

Justification

Le maintien du pansement à l'aide d'un filet tubulaire évite tout phénomène de compression circulaire d'un membre et laisse à la victime sa liberté de mouvement.

Réalisé avec une bande, ce maintien accroît la protection contre les souillures extérieures.

Matériel

Les bandes de crêpe ou extensibles :

Les bandes de crêpe ou les bandes extensibles sont les plus communément utilisées. Elles sont de différentes largeurs.

Les filets de mailles tubulaires :

Les filets de mailles tubulaires sont des cylindres de filet élastique de différents diamètres adaptés à chaque partie du corps.

Réalisation

Maintien à l'aide d'une bande

Après avoir positionné le pansement non compressif :

  • enrouler la bande autour de la zone atteinte (segment de membre, thorax, tête) ; Le bandage doit largement dépasser les dimensions du pansement.
  • maintenir la bande avec un morceau de ruban adhésif ou une épingle de sûreté.

Maintien à l'aide d'un filet

Après avoir positionné le pansement non compressif :

  • étirer et enfiler le filet, comme une chaussette, pour maintenir le pansement ;
  • faire un tour, puis repasser sur le filet pour assurer le maintien, si celui-ci est trop large pour la partie du corps à équiper ; Lors du retour, il convient de veiller à ce que le filet n'exerce pas de compression.
  • réaliser à l'aide d'une paire de ciseaux des orifices pour libérer certaines parties du corps (par exemple pouce, talon, orifice naturel), si cela s'avère nécessaire.

Risques & Contraintes

Le dispositif de maintien (par bande ou filet) :

  • ne doit jamais être directement posé sur la plaie ou la brûlure ;

  • ne doit pas déplacer le pansement lors de sa mise en place ;

  • doit largement dépasser les dimensions du pansement.

La mise en place d'un filet peut être effectuée sur une victime allongée qui présente une plaie du crâne et est suspecte d'un traumatisme du rachis. Toutefois, elle doit être effectuée en présence d'un maintien de la tête et en glissant délicatement le filet sous celle-ci. En revanche, cette technique ne peut pas être réalisée avec une bande.

Un bandage circulaire peut conduire à un effet garrot. Aussi, il convient de surveiller attentivement l'apparition progressive d'une douleur diffuse ou d'un saignement et de contrôler la circulation du membre en dessous du pansement (pouls, temps de recoloration cutanée, aspect de la peau).

Exceptionnellement, cette technique peut permettre de réaliser la compression du membre pansé.

Évaluation

Le dispositif doit maintenir le pansement sans entraver la circulation en aval. Par ailleurs, aucune douleur ne doit apparaître au niveau du membre pansé après une dizaine de minutes.

07FT03 FT PSE1 07-2026

Emballage au moyen d’un pansement stérile

Indication

Cette technique est indiquée pour protéger une ou plusieurs plaies étendues ainsi que les brûlures graves.

Justification

L'emballage au moyen d'un pansement stérile accroît la protection de la zone lésée contre les souillures et permet de limiter la déperdition de chaleur.

Matériel

Le pansement stérile pour brûlures type SSA :

Le pansement stérile pour brûlures du service de santé des armées, d'un format de 60 x 80 cm, présente :

  • une face argentée alvéolée imprégnée de Métalline® qui se pose sur la brûlure ;
  • quatre rubans permettant de l'attacher sur la victime.

Les draps et champs stériles :

Les champs stériles sont des pièces de tissus de taille suffisante pour recouvrir des lésions étendues.

Réalisation

Avec un pansement stérile pour brûlures type SSA

  • ouvrir l'emballage en plastique et sortir la pochette papier ;
  • ouvrir la pochette papier et sortir le pansement stérile pour brûlé ;
  • déplier le pansement en prenant soin de ne pas toucher la partie argentée ;
  • poser la face argentée alvéolée sur la brûlure ;
  • attacher le pansement à l'aide des rubans prévus à cet effet.

Avec un drap ou un champ stérile

  • ouvrir l'emballage et sortir le drap ou le champ stérile en le saisissant par ses extrémités ;
  • déployer le drap ou le champ en tirant dessus ;
  • envelopper la lésion de la peau avec le drap ou le champ stérile en évitant que la partie du drap qui recouvre la lésion ne touche le sol, les vêtements ou le secouriste ;
  • maintenir le drap ou le champ à l'aide de ruban adhésif.

Risques & Contraintes

La partie du pansement, du drap ou du champ stérile entrant en contact avec la victime ne doit jamais être touchée par les doigts du sauveteur, même protégés par des gants.

Évaluation

La zone lésée est entièrement recouverte par le pansement.

07AC03 AC PSE1 07-2026

Amputation ou arrachement complet d’une partie du corps

Définition

On parle d’amputation ou arrachement :

  • complet lorsqu’une partie externe du corps (doigt, main, bras, etc.) ou des tissus mous (joue, nez, oreille, organes génitaux, etc.) est entièrement séparée du corps, sans aucune liaison résiduelle telle que muscles, tendons ou peau.
  • partiel lorsque des connexions résiduelles (muscles, vaisseaux sanguins, peau) sont conservées, ce qui augmentent les possibilités de réparation chirurgicale et de récupération fonctionnelle.

Causes

Les amputations ou arrachement d’une partie du corps touchent surtout les jeunes enfants et les adultes. Ils sont toujours d’origine traumatique et surviennent, le plus souvent, après un accident domestique ou un accident du travail.

Risques & Conséquences

Les amputations ou arrachements complets de parties externes du corps sont des événements traumatiques pouvant entraîner des séquelles physiques et psychologiques majeures.

Le premier risque d’une amputation ou d’un arrachement d’une partie du corps est l’hémorragie externe dont la survenue peut être retardée de plusieurs minutes. Les conséquences sont les mêmes que pour toute hémorragie externe et son contrôle reste la priorité des premiers secours.

Il est parfois possible de « réimplanter » chirurgicalement une partie de corps amputée ou arrachée. Cette réimplantation dépend étroitement de la qualité de la prise en charge initiale de la partie sectionnée. Le temps d’ischémie1 constitue un facteur décisif pour la réussite de la réimplantation et une conservation correcte par refroidissement en augmente significativement les chances.

Principe de l’action de secours

  • arrêter le saignement ;
  • lutter contre la détresse circulatoire ;
  • retrouver et préserver la partie du corps amputée ou arrachée ;
  • transporter avec la victime, la partie du corps amputée ou arrachée.

1 Arrêt ou insuffisance de la circulation du sang dans un tissu, un membre ou un organe.

07PR03 PR PSE1 07-2026

Amputation et arrachement complet d’une partie du corps

Face à une urgence ou une détresse vitale, ou en cas d’aggravation

  • appliquer la conduite à tenir adaptée et réaliser en priorité les gestes d’urgence qui s’imposent ;
  • notamment, arrêter l’hémorragie immédiatement ;

En présence d’une amputation ou d’un arrachement

  • appliquer la conduite à tenir face à une plaie grave ;
  • adapter la conduite à tenir avec :
  • mettre en place un pansement compressif sur la plaie, même en l’absence de saignement ;
  • conditionner la partie du corps amputée ou arrachée ;
  • poursuivre le bilan et surveiller attentivement la circulation.
07FT04 FT PSE1 07-2026

Conditionner une partie du corps amputée ou arrachée

Indication

Le lot spécialement conçu à cet effet est utilisé pour envelopper une partie du corps amputée ou arrachée et permettre son acheminement avec la victime vers l'hôpital.

Justification

Le froid permet de préserver une partie du corps amputée ou arrachée pendant la prise en charge et le transport du blessé, dans l'attente de sa réimplantation éventuelle.

Matériel

  • Sacs ou récipients en plastique propres et étanches ;
  • Eau et glace.

Il existe des dispositifs commerciaux qui permettent de réaliser cette conservation et qui sont basés sur le même principe que la procédure décrite ci-dessous.

Réalisation

  • Récupérez la partie du corps aussi rapidement que possible et conservez-la au frais sans la congeler.
  • Enveloppez la partie dans un pansement stérile ou un tissu propre humidifié avec une solution saline ou de l'eau.
  • Placez la partie enveloppée dans un sac ou un récipient en plastique propre et étanche.
  • Placez le sac ou le récipient contenant la partie du corps dans un autre sac contenant de la glace ou de l'eau glacée. Si vous ne disposez pas de glace, vous pouvez utiliser une glacière avec des accumulateurs de froid instantanés.
  • Maintenez la partie du corps au frais en permanence. Évitez tout contact direct avec la glace ou l'accumulateur de froid.
  • Indiquez sur le récipient le nom de la personne et l'heure à laquelle la partie du corps a été conservée.
  • Transportez la partie du corps avec la personne blessée vers le même hôpital le plus rapidement possible.

Risques & Contraintes

Le contact direct entre la partie du corps amputée ou arrachée et la source de froid serait responsable de gelures qui peuvent compromettre la réussite de sa réimplantation.

Évaluation

La partie du corps amputée ou arrachée est correctement conditionné pour le transport et n'est pas en contact direct avec la source de froid.

07AC04 AC PSE2 06-2018

Traumatisme de l’abdomen

Traumatisme de l'abdomen

Définition

Les traumatismes abdominaux portent atteinte à l'intégrité de la cavité abdominale et des organes contenus dans celle-ci. Ces traumatismes concernent les organes pleins (foie, rate, reins), les organes creux (estomac, intestin) et les gros vaisseaux (aorte, veine cave inférieure).

Causes

Une atteinte de l'abdomen1 survient lors :

  • d'un choc (direct) ou d'une compression appuyée ou brutale au niveau de l'abdomen (accident de circulation, chute de grande hauteur...) ;
  • de la pénétration d'un corps étranger dans l'abdomen (projectiles d'arme à feu, arme blanche ou tout objet perforant) ;
  • d'un cisaillement dû à une décélération brusque (traumatisme indirect) qui entraîne des lésions des gros vaisseaux abdominaux, du foie ou de la rate ;
  • d'une explosion (blast).

Risques & Conséquences

La gravité du traumatisme abdominal est due à l'atteinte des organes abdominaux avec apparition d'une défaillance circulatoire par hémorragie interne. Cette dernière peut survenir de façon extrêmement brutale si ce sont des organes (foie, rate, rein) ou de gros vaisseaux abdominaux qui sont touchés. Le saignement peut être retardé et les signes apparaître secondairement.

Les traumatismes avec atteinte des organes creux exposent à un risque infectieux important, car leur contenu est sceptique (matières fécales).

Signes

L'expression du mécanisme : traumatisme parfois violent, direct au niveau de l'abdomen ou indirect.

La victime peut se plaindre : - d'une douleur spontanée siégeant au niveau d'une partie ou de tout l'abdomen. À l'examen, le secouriste peut trouver : - une douleur à la palpation prudente des côtes ; - une douleur provoquée lors d'une palpation prudente de l'abdomen qui peut être anormalement dur ; - l'absence de soulèvement de l'abdomen à chaque inspiration ; - une contusion ou une plaie plus ou moins importante2; - des vomissements de sang rouge (hématémèse).
INTOXICATIONS (volontaires ou involontaires) Alcool Stupéfiants Médicaments (arrêt brutal, surdosage, interactions médicamenteuses). Les prises de toxiques sont souvent associées entre elles (alcool et cocaïne par exemple) ...
TROUBLES PSYCHIATRIQUES ÉTATS AIGUS : états transitoires, mais qui parfois peuvent être un mode de révélation d'une maladie psychiatrique ÉTATS CHRONIQUES : troubles liés à une affection psychiatrique permanente, engendrant des difficultés dans la vie de la personne, des souffrances et des troubles du comportement (schizophrénie, troubles bipolaires, troubles du comportement alimentaire, troubles addictifs ...)
Lunettes à oxygène 1 2
Lunettes ou visière de protection 3 6
Mannequin de réanimation cardio-pulmonaire adulte (corps entier : bras et jambes) 1 2
Mannequin de réanimation cardio-pulmonaire enfant (corps entier : bras et jambes) 1 2
Mannequin de réanimation cardio-pulmonaire nourrisson 1 2
Masque à inhalation à haute concentration (adulte) EQS
Masque à inhalation à haute concentration (enfant) EQS
Masque à inhalation simple (adulte) EQS
Masque à inhalation simple (enfant) EQS
Masque d'insufflation adulte 1 2
Masque d'insufflation pédiatrique 1 2
Masque d'insufflation nouveau-né 1 2
Masques de protection FFP2 EQS
Masques chirurgicaux EQS
Matériels nécessaires pour les garrots improvisés 1 2
Matériels nécessaires pour les pansements compressifs improvisés 1 2
Matériels de simulation (factices ou neutralisés), maquillages, fausses plaies, etc. 1 2
Oxymètre de pouls* 1 2
Paire de ciseaux type Jesco 1 2
Pansements « américain » EQS
Pansements adhésifs de différentes tailles EQS
Pansements imbibés de substance hémostatique de formation 2 4
Pansements individuels 2 4
Pansements stériles pour brulure type SSA EQS
Pansement type C EQS
Pince à échardes 1 2
Pompe à dépression 1 2
Poubelles DAOM 1 2
Ruban adhésif 1 2
Ruban de balisage 1 2
Sacs poubelles DAOM EQS
Sacs DASRI EQS
Sac de secours 1 2
Sachet plastique refermable 1 2
Sangles de fixation 3 6
Savon neutre liquide EQS
Seaux de couleurs différentes 2 4
Sérum physiologique EQS
Solution détergente / désinfectante pour sol EQS
Solution détergente / désinfectante en spray pour surfaces EQS
Solution hydro-alcoolique EQS
Sondes d'aspiration buccale de différentes tailles EQS
Stéthoscope adulte 1 2
Surblouse EQS
Tensiomètre électronique 1 2
Tensiomètre manuel 1 2
Thermomètre électronique 1 2
Draps à usage unique EQS
Alèse portoir 1 2
Attelle cervico-thoracique 1 2
Bassin d'accouchement 1 2
Bonnet pour nouveau-né 1 2
Brancard cuillère 1 2
Brancard simple 1 2
Ceinture pelvienne de taille moyenne 1 2
Dispositifs médicaux non occlusifs pour plaie au thorax 1 2
Immobilisateur de tête pour plan dur et brancard cuillère 1 2
Kit accouchement comprenant au moins 2 clamps et une paire de ciseaux stérile 1 2
Matelas immobilisateur à dépression 1 2
Plan dur radio transparent 1 2

Toute plaie abdominale est considérée comme grave, même en l'absence de signes de détresse.

Principe de l'action de secours

  • prévenir toute détresse circulatoire par une surveillance attentive ;
  • installer ou transporter la victime dans une position d'attente adaptée à son état ;
  • demander un avis médical.

1 Un traumatisme abdominal ne survient pas uniquement lors d'une atteinte de la face antérieure de l'abdomen, mais aussi lors d'une atteinte des flancs, du dos ou de la partie basse du thorax.

2 Avec une éventuelle éviscération.

07PR04 PR PSE2 07-2026

Traumatisme de l’abdomen

Face à une urgence ou une détresse vitale, ou en cas d’aggravation

  • appliquer la conduite à tenir adaptée et réaliser en priorité les gestes d’urgence qui s’imposent ;

En l’absence de détresse vitale apparente

  • appliquer la conduite à tenir face à une plaie grave ;
  • adapter la conduite à tenir avec :
  • mettre la victime dans une position allongée, à plat dos, jambes fléchies1 ;
  • rechercher l’existence de lésions dans le dos de la victime, particulièrement au cours de sa mobilisation ;
  • En présence d’une éviscération :
    • ne pas remettre les viscères en place ;
    • envelopper2 les viscères dans un champ3 stérile humidifié4.
  • En présence d’une femme enceinte :
    • Toute femme enceinte victime d’un traumatisme violent (AVP, chute, coup dans l’abdomen) doit être considérée comme traumatisée de l’abdomen et faire l’objet d’une consultation dans un service d’urgence ou spécialisé.

1 Cette position sera maintenue lors de son relevage et de son transport.

2 Sans les mobiliser, ni les comprimer.

3 Ne pas utiliser de compresses.

4 Eau stérile ou sérum physiologique.

07AC05 AC PSE2 09-2014

Traumatisme du thorax

Définition

Un traumatisme du thorax est l'ensemble des signes dus à une atteinte traumatique du thorax, avec ou sans plaie. Ces signes permettent de suspecter des lésions pouvant mettre rapidement en jeu la vie de la victime.

Ce sont des fractures des côtes ou du sternum avec atteinte ou non des organes intrathoraciques.

Causes

Une atteinte du thorax survient lors :

  • d'un choc direct au niveau des côtes ;
  • de la pénétration d'un corps étranger1 dans le thorax ;
  • d'une décélération brusque2 ;
  • d'une explosion (blast).

Risques & Conséquences

Une atteinte traumatique du thorax peut entraîner :

  • une détresse respiratoire due à l'existence :
  • de côtes cassées ;
  • d'un pneumothorax ou d'un hémothorax qui comprime le ou les poumons ;
  • d'une rupture ou plaie de la trachée ou des bronches.
  • une détresse circulatoire, voire un arrêt cardiaque, par atteinte des gros vaisseaux ou du cœur.

Signes

L'expression du mécanisme : un traumatisme parfois violent, direct au niveau du thorax (coup, choc) ou indirect (décélération brutale).

La victime peut se plaindre : - d'une douleur spontanée siégeant au niveau d'une ou plusieurs côtes ou provoquée par les mouvements respiratoires ou la toux ; - d'une émission de crachats de sang rouge. À l'examen, le secouriste peut trouver : - une douleur à la palpation prudente des côtes ; - une plaie avec ou sans bulles sanglantes à l'expiration3 ; - une contusion ; - une anomalie du soulèvement de la poitrine - une déformation nette du thorax ; - une toux incessante ou des crachats de sang rouge ; - des lésions associées (polytraumatisme).
INTOXICATIONS (volontaires ou involontaires) Alcool Stupéfiants Médicaments (arrêt brutal, surdosage, interactions médicamenteuses). Les prises de toxiques sont souvent associées entre elles (alcool et cocaïne par exemple) ...
TROUBLES PSYCHIATRIQUES ÉTATS AIGUS : états transitoires, mais qui parfois peuvent être un mode de révélation d'une maladie psychiatrique ÉTATS CHRONIQUES : troubles liés à une affection psychiatrique permanente, engendrant des difficultés dans la vie de la personne, des souffrances et des troubles du comportement (schizophrénie, troubles bipolaires, troubles du comportement alimentaire, troubles addictifs ...)
Lunettes à oxygène 1 2
Lunettes ou visière de protection 3 6
Mannequin de réanimation cardio-pulmonaire adulte (corps entier : bras et jambes) 1 2
Mannequin de réanimation cardio-pulmonaire enfant (corps entier : bras et jambes) 1 2
Mannequin de réanimation cardio-pulmonaire nourrisson 1 2
Masque à inhalation à haute concentration (adulte) EQS
Masque à inhalation à haute concentration (enfant) EQS
Masque à inhalation simple (adulte) EQS
Masque à inhalation simple (enfant) EQS
Masque d'insufflation adulte 1 2
Masque d'insufflation pédiatrique 1 2
Masque d'insufflation nouveau-né 1 2
Masques de protection FFP2 EQS
Masques chirurgicaux EQS
Matériels nécessaires pour les garrots improvisés 1 2
Matériels nécessaires pour les pansements compressifs improvisés 1 2
Matériels de simulation (factices ou neutralisés), maquillages, fausses plaies, etc. 1 2
Oxymètre de pouls* 1 2
Paire de ciseaux type Jesco 1 2
Pansements « américain » EQS
Pansements adhésifs de différentes tailles EQS
Pansements imbibés de substance hémostatique de formation 2 4
Pansements individuels 2 4
Pansements stériles pour brulure type SSA EQS
Pansement type C EQS
Pince à échardes 1 2
Pompe à dépression 1 2
Poubelles DAOM 1 2
Ruban adhésif 1 2
Ruban de balisage 1 2
Sacs poubelles DAOM EQS
Sacs DASRI EQS
Sac de secours 1 2
Sachet plastique refermable 1 2
Sangles de fixation 3 6
Savon neutre liquide EQS
Seaux de couleurs différentes 2 4
Sérum physiologique EQS
Solution détergente / désinfectante pour sol EQS
Solution détergente / désinfectante en spray pour surfaces EQS
Solution hydro-alcoolique EQS
Sondes d'aspiration buccale de différentes tailles EQS
Stéthoscope adulte 1 2
Surblouse EQS
Tensiomètre électronique 1 2
Tensiomètre manuel 1 2
Thermomètre électronique 1 2
Draps à usage unique EQS
Alèse portoir 1 2
Attelle cervico-thoracique 1 2
Bassin d'accouchement 1 2
Bonnet pour nouveau-né 1 2
Brancard cuillère 1 2
Brancard simple 1 2
Ceinture pelvienne de taille moyenne 1 2
Dispositifs médicaux non occlusifs pour plaie au thorax 1 2
Immobilisateur de tête pour plan dur et brancard cuillère 1 2
Kit accouchement comprenant au moins 2 clamps et une paire de ciseaux stérile 1 2
Matelas immobilisateur à dépression 1 2
Plan dur radio transparent 1 2

Toute plaie thoracique est considérée comme grave, même en l'absence de détresse respiratoire.

Principe de l'action de secours

  • prévenir toute détresse respiratoire ou circulatoire par une surveillance attentive ;
  • installer ou de transporter la victime dans une position d'attente adaptée à son état ;
  • demander un avis médical.

1 Projectiles d'arme à feu, arme blanche ou tout objet perforant.

2 Qui peut entraîner des lésions des organes intrathoraciques qui viennent s'écraser sur les côtes.

3 Si tel est le cas, vérifier le dos.

07PR05 PR PSE2 07-2026

Traumatisme du thorax

Face à une urgence ou une détresse vitale, ou en cas d'aggravation

  • appliquer la conduite à tenir adaptée et réaliser en priorité les gestes d'urgence qui s'imposent ;
  • ne jamais retirer un corps étranger pénétrant dans le thorax, sauf s'il empêche la réalisation d'une RCP ;

En l'absence de détresse vitale apparente

  • appliquer la conduite à tenir face à une plaie grave ;
  • adapter la conduite à tenir avec :
  • mettre la victime dans une position1 assise ou demi-assise dès lors qu'il existe une gêne respiratoire ;
  • dénuder2 le thorax de la victime :
    • vérifier la présence de lésions dans le dos de la victime,
    • particulièrement au cours de sa mobilisation3 ;
  • protéger la plaie par :
    • un dispositif médical non occlusif spécifique à cette utilisation s'il est à disposition,
    • en son absence, laisser la plaie à l'air libre4 ;
  • administrer de l'oxygène en inhalation, si nécessaire ;

1 Cette position sera maintenue lors de son relevage et de son transport.

2 Dans la mesure du possible cela doit se faire en préservant son intimité et si possible sans l'exposer au froid.

3 Installation en : position assise, position latérale de sécurité.

4 En l'espèce, le pansement non occlusif doit permettre la sortie de l'air piégé dans le thorax par la plaie et empêcher sa pénétration.

07AC06 AC PSE2 12-2023

Traumatisme de la face et de la face antérieure du cou

Définition

Ensemble des signes dus à une ou plusieurs lésions secondaires à une atteinte traumatique de la face et de la face antérieure du cou.

Causes

Les traumatismes de la face et de la face antérieure du cou sont la conséquence le plus souvent d'un choc direct (éléments contondants) ou d'une blessure pénétrante (arme blanche, arme à feu) au niveau de la face ou du cou.

Risques & Conséquences

Les traumatismes de la face et de la face antérieure du cou sont fréquents et peuvent être :

  • isolés ou associés à d'autres lésions traumatiques ;
  • responsables d'une détresse vitale par une obstruction des voies aériennes1 ou une hémorragie ;
  • responsables d'une atteinte fonctionnelle, atteinte oculaire par exemple, et de séquelles esthétiques.

Un traumatisme de la face et de la face antérieure du cou peut être associé à un traumatisme du rachis cervical et/ou un traumatisme crânien.

Signes

L'expression du mécanisme : un traumatisme parfois violent, direct au niveau de la face ou du cou.

La victime peut se plaindre :

  • d'une douleur de la face, d'un trouble de la vision ou d'une difficulté à avaler.

À l'issue du 2ème regard, la victime peut présenter :

  • une détresse respiratoire par obstruction des voies aériennes ;
  • une détresse circulatoire secondaire à une hémorragie externe ou extériorisée.

À l'examen, le secouriste peut trouver :

  • un œdème de la face ou localisé (œdème des paupières) ;
  • un hématome de la face, un hématome en lunette ;
  • une ou plusieurs plaies de la face, de la langue ou du cou ;
  • une déformation de la face traduisant une fracture des os de la face, du nez ou de la mandibule ;
  • un saignement du nez ou de la bouche ;
  • une atteinte de l'œil objectivée par une anomalie des mouvements de l'œil, la présence de sang sous la cornée, une déformation de la pupille, une plaie de l'œil avec ou sans corps étranger intraoculaire visible ;
  • une désinsertion ou une fracture de dents.

Principe de l'action de secours

  • lutter contre une détresse vitale ;
  • protéger une éventuelle lésion de la peau ;
  • demander un avis médical.

1 Provoquée par une inhalation d'un corps étranger ou de sang, une fracture de la mandibule avec désinsertion et bascule de la langue en arrière dans les voies aériennes ou un gonflement post-traumatique de la muqueuse des voies aériennes (traumatisme du larynx) ;

07PR06 PR PSE2 07-2026

Traumatisme de la face et de la face antérieure du cou

Plaie de la face

À l'exception des éraflures sans gravité, une plaie de la face ou du cou doit être considérée et prise en charge comme une plaie grave du fait de sa localisation :

  • appliquer la conduite à tenir face à une plaie grave ;
  • laisser les corps étrangers en place :
  • même s'ils sont transfixiants1,
  • sauf s'ils entraînent une obstruction des voies aériennes.

Atteinte traumatique de l'œil

  • appliquer la conduite à tenir face à une plaie grave en présence d'une plaie à l'œil ;
  • demander à la victime de rester à plat dos2 dans la mesure du possible. ;
  • recouvrir3 les deux yeux par des compresses stériles.

Traumatisme dentaire

  • appliquer la conduite à tenir face à une plaie en présence d'un traumatisme dentaire.

Fracture de la face (mandibule, maxillaire supérieur, os du nez)4

  • installer la victime sur le côté ;
  • appliquer la conduite à tenir devant une détresse respiratoire si nécessaire.

Si le traumatisme est mineur, appliquer la conduite à tenir devant un saignement de nez.

Dans tous les cas

  • si la victime perd connaissance, appliquer la conduite à tenir adaptée ;
  • demander un avis médical et respecter les consignes données.

1 Qui traverse de part en part.

2 Cette position évite une aggravation éventuelle de la lésion de l'œil.

3 Sans appuyer et seulement s'il n'existe pas de corps étrangers dont la mobilisation pourrait aggraver la lésion oculaire.

4 Ces lésions sont susceptibles de provoquer un saignement abondant qui peut s'écouler et encombrer les voies aériennes, pouvant engendrer une détresse respiratoire.

07AC07 AC PSE1 12-2023

Traumatisme des membres

Définition

Il existe trois types d'atteintes des os et des articulations des membres :

  • l'entorse1 (une entorse peut s'accompagner d'un arrachement osseux) ;
  • la luxation2 (la luxation peut s'accompagner d'une fracture ou d'une atteinte des nerfs et des vaisseaux) ;
  • la fracture (rupture totale ou partielle de l'os) dite simple3 ou compliquée4.

Causes & Mécanisme

Une atteinte des os et des articulations des membres survient suite à une chute lors des activités de sport, de travail ou de loisir, un accident de circulation ou une agression.

Elle peut survenir à la suite d'un traumatisme :

  • direct : la lésion se situe à l'endroit du choc ;
  • indirect : la lésion est provoquée par un mouvement forcé en flexion, en extension ou en rotation ;
  • par pénétration d'un corps étranger : blessures par arme à feu.

Risques & Conséquences

Les lésions des os et des articulations peuvent s'accompagner de complications telles que :

  • une atteinte des vaisseaux5 ;
  • une lésion des nerfs⁶ ;
  • une plaie, il s'agit alors d'une fracture ouverte qui peut être hémorragique.

Les fractures de la cuisse ou de multiples fractures de membres peuvent entraîner une détresse circulatoire.

Signes

L'expression du mécanisme : un traumatisme des membres ou des articulations (chute, choc violent, etc).

La victime peut se plaindre :

  • de la perception d'un craquement au moment de la chute ou du choc ;
  • d'une douleur vive à l'endroit de la blessure ou à côté, augmentée par le mouvement ou la palpation ;
  • de la difficulté voire de l'impossibilité à bouger le membre atteint ou à se déplacer.

À l'examen, le secouriste peut trouver :

  • une déformation et un gonflement visibles au niveau de la lésion.

1 Lésion traumatique avec élongation, déchirure ou arrachement d'un ou plusieurs ligaments à la suite d'un mouvement exagéré ou forcé de l'articulation (faux mouvement), créant un écartement transitoire des deux extrémités osseuses.

2 Une lésion traumatique d'une articulation avec perte complète et permanente des rapports articulaires normaux (l'articulation est déboîtée). Les deux extrémités des os ne sont plus au contact l'une de l'autre. Ce déplacement s'accompagne le plus souvent d'une lésion, voire d'une déchirure des ligaments qui entouraient et maintenaient l'articulation.

3 Lorsqu'il n'existe pas de lésions associées visibles.

4 Lorsqu'il existe des lésions des structures adjacentes (nerfs, ligaments, muscles, vaisseaux), lorsqu'elle est accompagnée d'une plaie (fracture ouverte) et/ou si elle est déplacée.

5 Gonflement du membre (hématome), extrémité du membre froide et pâle.

6 La victime perçoit des fourmillements à l'extrémité du membre atteint. Il existe parfois une disparition de la sensibilité ou de la motricité des doigts ou des orteils.

Chez la victime qui a perdu connaissance, même en l'absence d'une déformation et d'un gonflement visible, une manifestation douloureuse lors de la palpation ou de la mobilisation de la victime doit faire suspecter une fracture.

Si la plupart des lésions des os et des articulations sont évidentes, elles peuvent être parfois plus difficiles à identifier. Le traumatisme de membre sera alors seulement suspecté par le secouriste et confirmé éventuellement lors de l'examen médical et radiographique.

Principe de l'action de secours

  • rechercher le mécanisme de survenue de la lésion et sa violence ;
  • empêcher l'aggravation en évitant tout déplacement de la zone blessée ;
  • rechercher et parer à toutes complications associées ;
  • immobiliser la lésion avec du matériel spécifique avant tout déplacement de la victime ;
  • demander un avis médical.
07PR07 PR PSE1 07-2026

Traumatisme des membres

Face à une urgence ou une détresse vitale, ou en cas d'aggravation

  • appliquer la conduite à tenir adaptée et réaliser en priorité les gestes d'urgence qui s'imposent ;

Dans tous les cas

  • conseiller fermement de ne pas mobiliser la partie atteinte ;
  • limiter au maximum les mouvements du membre blessé ;
  • installer la victime en position d'attente :
  • membre inférieur : allongée ;
  • membre supérieur : assise1.
  • immobiliser le membre atteint à l'aide de l'attelle la plus appropriée ;
  • appliquer du froid si possible, sauf s'il s'agit d'une fracture ouverte ;
  • poursuivre le bilan et surveiller la victime.

En présence d'une fracture ouverte ou avec déformation

Compléter la conduite à tenir comme suit :

  • ne pas toucher2 un morceau d'os ou corps étranger visible ;
  • recouvrir la plaie non hémorragique d'un pansement stérile, avant l'immobilisation ;
  • immobiliser le membre en respectant3 la déformation.

1 Il convient alors d'indiquer à la victime de placer le membre atteint contre sa poitrine et de le soutenir avec une main dans la position la moins douloureuse possible.

2 Leur présence peut limiter le saignement et leur mobilisation pourrait aggraver la lésion.

3 Le réalignement d'une fracture est un geste très douloureux, il est réalisé par un médecin ou à la demande du médecin.

07FT05 FT PSE1 09-2014

Application de froid

Indication

Cette technique est indiquée chez une victime consciente qui présente :

  • un traumatisme de membre, y compris des articulations, en l'absence de plaie ;
  • une piqûre d'insecte.

Justification

L'application de froid permet d'atténuer la douleur et de limiter le gonflement.

Matériel

L'application de froid1 peut être réalisée avec :

  • de l'eau mélangée à de la glace (en cubes ou pilée) ;
  • avec des compresses chimiques froides de différentes tailles.

Réalisation

L'application de froid doit être la plus précoce possible et s'étendre au-delà de la zone douloureuse. La durée d'application ne doit pas excéder 20 minutes et peut être réduite de moitié en cas d'inconfort pour la victime.

En utilisant de l'eau et de la glace

  • remplir d'eau et de glace2 un sachet plastique ou une vessie de glace ;
  • chasser l'air en excédent3 et fermer hermétiquement la poche ;
  • envelopper la poche dans un linge (serviette, torchon) et l'appliquer sur la zone concernée.

En utilisant une compresse chimique

  • générer le froid, conformément aux indications du constructeur ;
  • envelopper la poche dans un linge (serviette, torchon) et l'appliquer sur la zone concernée.

Risques & Contraintes

L'application de froid est proscrite sur une plaie ou chez une victime qui a perdu connaissance. Prolongée, elle peut provoquer :

  • des réactions cutanées, comme une rougeur ou une pâleur intense, l'apparition de petites cloques ;
  • des gelures caractérisées par une peau « cartonnée » quand on la touche.

Si tel est le cas, interrompre immédiatement l'application de froid.

Évaluation

L'application de froid entraîne une diminution de la douleur et du gonflement sans provoquer de désagréments pour la victime.

1 Les bombes cryogènes sont réservées à l'usage médical.

2 Glaçons, glace pilée ou neige.

3 L'air est un excellent isolant. C'est pourquoi il convient de le chasser de la vessie ou du sac contenant la source de froid afin d'en améliorer l'efficacité.

07FT06 FT PSE1 09-2014

Immobilisation d’un membre supérieur au moyen d’écharpes

Indication

Une immobilisation du membre supérieur au moyen d’écharpes est nécessaire chaque fois qu’une victime doit être mobilisée et que des moyens plus appropriés (attelle modulable ou attelle à dépression) ne sont pas disponibles.

Justification

Une immobilisation qui bloque les articulations au-dessus et au-dessous du traumatisme limite les mouvements, diminue la douleur et prévient la survenue de complications.

Matériel

Une écharpe triangulaire peut être constituée avec un triangle de tissu non extensible (coton, toile, papier non-tissé) dont la longueur au niveau de la base est de 1,2 m au minimum.

Par convention, la pointe située à l’opposé de la base est appelée « sommet » ; les deux autres pointes peuvent être dénommées chefs.

Réalisation

Traumatisme de la main, du poignet et de l’avant-bras

L’immobilisation est réalisée par une écharpe simple. Pour cela :

  • engager une des pointes du triangle entre le coude et le thorax et la faire passer sur l’épaule du côté blessé ; Il faut que le sommet du triangle se trouve du côté du coude et que la base soit perpendiculaire à l’avant-bras à immobiliser.
  • ajuster et déplisser le triangle jusqu’à la base des doigts ;
  • rabattre la seconde pointe sur l’avant-bras et la faire passer sur l’épaule opposée au membre blessé ;
  • fixer l’écharpe en nouant les deux pointes sur le côté du cou ; La main doit être placée légèrement au-dessus du niveau du coude.
  • fixer au niveau du coude en tortillant la partie libre de la pointe ou la fixer avec un ruban adhésif.

Traumatisme du bras

L’immobilisation est réalisée par une écharpe simple et une contre-écharpe. Pour cela :

  • soutenir l’avant-bras avec une écharpe simple ;
  • placer la base du deuxième triangle (contre-écharpe) au niveau de l’épaule du membre blessé, sommet vers le coude ;
  • amener les deux pointes sous l’aisselle opposée en enveloppant le thorax de la victime ;
  • fixer la contre-écharpe au moyen d’un nœud situé en avant de l’aisselle opposée ;
  • torsader le sommet pour maintenir le bras blessé plaqué contre le thorax.

Traumatisme de l'épaule (clavicule, omoplate)

L'immobilisation est réalisée par une écharpe oblique. Pour cela :

  • glisser la base du triangle sous l'avant-bras, sommet vers le coude ;
  • nouer les chefs sur l'épaule opposée en englobant le thorax ;
  • Les doigts doivent rester visibles.
  • rabattre le sommet sur le coude en avant et le fixer avec un ruban adhésif.

Si le traumatisme de l'épaule provoque une déformation importante (bras écarté du corps), placer un rembourrage (tissu roulé) entre le bras et le tronc pour respecter la déformation et éviter toute mobilisation de l'articulation. Ne jamais tenter de rapprocher le coude du corps.

Risques & Contraintes

La réalisation d'une immobilisation, même provisoire, d'un membre traumatisé, peut provoquer une mobilisation de celui-ci et entraîner douleur et complications.

Évaluation

L'immobilisation est correcte si :

  • le membre est maintenu ;
  • la douleur diminue.
07FT07 FT PSE2 09-2014

Réalignement de membre

Indication

Le réalignement est effectué chaque fois que possible par un médecin.

En l'absence de médecin, on peut être amené, sur avis médical, à réaligner un avant-bras ou une jambe qui présente une fracture fermée, c'est-à-dire lui faire recouvrer un axe proche de la normale.

Ce réalignement est indiqué par la présence de signes de complications vasculaires ou neurologiques (membre froid, pâle, insensible) ou si la déformation empêche la mise en place d'un dispositif d'immobilisation.

Justification

La présence d'une déformation angulaire au niveau d'un membre fracturé peut entraîner une complication nerveuse ou vasculaire et constituer un obstacle ou une gêne à la mise en place d'un matériel d'immobilisation spécifique.

Le réalignement d'un membre traumatisé permet de :

  • limiter les complications de compression vasculaire ou nerveuse ;
  • mettre en place une attelle.

Matériel

Aucun matériel.

Réalisation

Fracture fermée de l'avant-bras

Le secouriste doit :

  • saisir et bloquer avec une main l'articulation du coude de la victime ;
  • saisir le poignet ou la main de la victime, avec son autre main ;
  • ramener progressivement l'avant-bras dans l'axe en exerçant une traction douce.

La traction n'est relâchée qu'après immobilisation du membre.

Fracture fermée de la jambe

Cette technique nécessite que le secouriste soit assisté d'une seconde personne.

Le secouriste doit :

  • faire réaliser le maintien du genou de la victime par la personne qui l'assiste ; Il veille à ce que celle-ci saisisse à deux mains le genou de la victime et le bloque.
  • saisir à deux mains la cheville et ramener progressivement la jambe dans l'axe normal du membre inférieur en exerçant une traction douce.

La traction n'est relâchée qu'après immobilisation du membre.

Risques & Contraintes

Le réalignement d'un membre doit être immédiatement interrompu et un nouvel avis médical demandé si :

  • il existe une résistance au réalignement ;
  • la douleur provoquée devient intolérable pour la victime.

Pendant ou après le réalignement, des complications vasculaires (hématome, compression d'un vaisseau) ou neurologiques (perte de la sensibilité ou de la motricité) peuvent apparaître. Dans ce cas, un nouvel avis médical doit être demandé.

Évaluation

Le réalignement de membre est correct si :

  • il est possible de poser sans difficulté un moyen d'immobilisation spécifique ;
  • on constate une atténuation de la douleur et des signes de complications.
07FT08 FT PSE1 09-2014

Immobilisation d’un membre au moyen d’une attelle à dépression

Immobilisation d'un membre au moyen d'une attelle à dépression

Indication

Les attelles à dépression sont utilisées pour assurer l'immobilisation du coude, de l'avant-bras et du poignet pour le membre supérieur et du genou, de la jambe et de la cheville pour le membre inférieur.

Elles peuvent être aussi utilisées pour immobiliser un traumatisme de l'épaule avec éloignement du coude par rapport au corps.

Justification

L'immobilisation à l'aide d'une attelle à dépression limite les mouvements d'un membre traumatisé, diminue la douleur et prévient la survenue de complications.

Matériel

L'attelle à dépression est constituée :

  • d'une enveloppe étanche à l'air et souple contenant des billes de polystyrène expansé ;
  • d'une vanne d'admission de l'air (entrée et sortie) sur laquelle s'adapte un dispositif d'aspiration de l'air ;
  • de sangles de maintien.

Elle n'est utilisée qu'avec une pompe d'aspiration manuelle ou électrique.

Son principe de fonctionnement est identique à celui du matelas immobilisateur à dépression.

Pour certaines immobilisations (traumatisme de l'épaule), une écharpe ou une bande peut être nécessaire.

Réalisation

Immobilisation du membre inférieur

La mise en place est réalisée par trois secouristes au minimum :

les secouristes 1 et 2 doivent :

  • maintenir le membre blessé, après réalignement si nécessaire, au niveau des articulations sus et sous-jacentes au traumatisme jusqu'à la mise en place de l'attelle.

le secouriste 3 doit :

  • préparer l'attelle à dépression en répartissant également toutes les billes et en ouvrant la valve d'admission d'air.

les secouristes 1 et 2 doivent :

  • soulever de quelques centimètres, tout en exerçant une traction douce au niveau de son extrémité, le membre pour permettre le passage de l'attelle.

le secouriste 3 doit :

  • glisser l'attelle sous le membre traumatisé en prenant soin d'englober les articulations sus et sous-jacentes.

les secouristes 1 et 2 doivent :

  • déposer le membre sur l’attelle et le maintenir.

le secouriste 3 doit :

  • rabattre l’attelle de part et d’autre du membre pour lui donner la forme d’une gouttière.

les secouristes 1 et 2 doivent :

  • déplacer les mains qui soutiennent le membre blessé pour maintenir l’attelle contre le membre.

le secouriste 3 doit :

  • faire le vide à l’intérieur de l’attelle en aspirant l’air jusqu’à ce que l’attelle devienne rigide ;
  • fermer la valve ;
  • déconnecter le dispositif d’aspiration ;
  • vérifier la bonne immobilisation et l’état de l’extrémité du membre.

Immobilisation du membre supérieur

Le principe de mise en place de l’attelle à dépression pour un membre supérieur est identique à la technique décrite pour un membre inférieur, mais peut être réalisé par deux secouristes au minimum.

Dans ce cas, les articulations sus et sous-jacentes au traumatisme sont maintenues par un seul secouriste.

Immobilisation de l’épaule

Cette technique permet d’immobiliser un traumatisme de l’épaule avec éloignement du coude par rapport au corps.

Elle doit être réalisée à l’aide d’une attelle à dépression membre inférieur (ou un MID Enfant).

La mise en place est réalisée au minimum par deux secouristes :

le secouriste 1 doit :

  • maintenir le membre blessé.

le secouriste 2 doit :

  • plier l’attelle en « N » et faire partiellement le vide ; La vanne, placée sur la partie montante du « N » doit être à l’intérieur.
  • rouler l’écharpe dans le sens de la longueur et la glisser entre les branches montante et oblique du « N », du côté de la vanne ;
  • se placer face au blessé ;
  • introduire l’attelle sous le membre blessé, branche montante de la vanne contre le thorax et l’abdomen de la victime.

le secouriste 1 doit :

  • maintenir le membre blessé et l’attelle.

le secouriste 2 doit :

  • passer les deux chefs de l’écharpe roulée sur l’épaule opposée et les nouer ;
  • écarter l’attelle pour venir la plaquer contre le membre blessé.

Ce dernier repose alors entre les branches oblique et extérieure du « N ».

le secouriste 1 doit :

  • maintenir l’ensemble, membre blessé et l’attelle, en position.

le secouriste 2 doit :

  • faire le vide à l'intérieur de l'attelle jusqu'à ce qu'elle devienne rigide ;
  • fermer la valve et déconnecter le dispositif d'aspiration ;
  • vérifier la bonne immobilisation et l'état de l'extrémité du membre.

Risques & Contraintes

La réalisation d'une immobilisation à l'aide d'une attelle à dépression d'un membre traumatisé peut provoquer une mobilisation de celui-ci si la procédure de mise en place n'est pas respectée et entraîner douleur et complications.

Évaluation

L'immobilisation est correcte si :

  • le segment blessé et les articulations sus et sous-jacentes sont immobilisés par l'attelle ;
  • l'attelle est correctement fixée ;
  • la douleur ressentie par la victime diminue ;
  • aucun signe de compression n'apparaît après sa mise en place (circulation en aval correcte).
07FT09 FT PSE1 09-2014

Immobilisation d’un membre au moyen d’une attelle modulable

Immobilisation d'un membre au moyen d'une attelle modulable

Indication

Les attelles modulables sont utilisées pour assurer l'immobilisation du coude, de l'avant-bras et du poignet pour le membre supérieur et du genou, de la jambe et de la cheville pour le membre inférieur.

Justification

L'immobilisation à l'aide d'une attelle modulable limite les mouvements d'un membre traumatisé, diminue la douleur et prévient la survenue de complications.

Matériel

Il existe différents types d'attelles, dont :

  • les attelles de Kramer ;

Elles sont constituées de tiges de métal soudées et plastifiées en forme « d'échelle », malléables et adaptables au membre fracturé. Il en existe de plusieurs longueurs et largeurs.

Ces attelles nécessitent un habillage préalable, de façon à les rendre moins traumatisantes et d'éviter un contact direct du membre avec le métal.

  • les attelles modulables en alliage, doublées de mousse (type Aluform R) ;

Elles se composent :

  • d'une armature en aluminium ou autre alliage,
  • d'un rembourrage assuré par une mousse épaisse,
  • d'une enveloppe en polystyrène dont la face au contact du membre est lavable,
  • de bords rabattables permettant de former une gouttière,
  • d'un système de fixation par sangles autoagrippant.

Il existe différents types d'attelles suivant la zone traumatisée et l'âge.

En tout état de cause, il convient de se référer à la notice d'utilisation du fabricant.

Réalisation

Immobilisation à l'aide d'une attelle de Kramer

Les attelles de Kramer sont utilisées préférentiellement pour les immobilisations de l'avant-bras, du poignet ou de la main.

Elles ne sont utilisées qu'en l'absence de matériel plus adapté pour les traumatismes du membre inférieur situés en dessous du genou. Dans ce cas, elles sont utilisées par deux, placées de part et d'autre du membre blessé et solidarisées entre elles pour prévenir la mobilisation du membre.

La mise en place est réalisée au minimum par deux secouristes :

le secouriste 1 doit :

  • maintenir le membre blessé au niveau des articulations sus et sous-jacentes au traumatisme, éventuellement après réalignement, jusqu'à la mise en place de l'attelle.

le secouriste 2 doit :

  • choisir une attelle de longueur convenable et la préparer ;
  • placer la ou les attelles de part et d'autre du segment traumatisé en prenant soin d'englober les articulations sus et sous-jacentes ;
  • rembourrer les espaces libres entre l'attelle et le membre blessé pour qu'il existe un contact permanent, si nécessaire.

le secouriste 1 doit :

  • déplacer ses mains pour venir maintenir la ou les attelles en place.

le secouriste 2 doit :

  • fixer la ou les attelles au membre blessé à l'aide de liens larges ou éventuellement d'une bande, puis à l'aide d'une écharpe simple pour le membre supérieur ;
  • vérifier la qualité de l'immobilisation et l'état de l'extrémité du membre.

Immobilisation du membre supérieur à l'aide d'une attelle modulable

L'attelle modulable est utilisée pour les immobilisations du membre supérieur en dessous du coude.

La mise en place est réalisée au minimum par deux secouristes :

le secouriste 1 doit :

  • maintenir le membre blessé au niveau des articulations sus et sous-jacentes au traumatisme, éventuellement après réalignement, jusqu'à la mise en place de l'attelle.

le secouriste 2 doit :

  • choisir l'attelle adaptée (longueur convenable) et lui donner la forme attendue ;
  • placer l'attelle contre le segment traumatisé en prenant soin d'englober les articulations sus et sous-jacentes ;
  • rabattre les côtés de l'attelle pour lui donner la forme d'une gouttière.

le secouriste 1 doit :

  • soutenir le membre blessé et déplacer ses mains pour maintenir l'attelle contre le membre.

le secouriste 2 doit :

  • maintenir l'attelle en position à l'aide des sangles autoagrippantes ;
  • maintenir, si nécessaire, l'ensemble à l'aide d'une écharpe simple nouée autour du cou ;
  • vérifier la qualité de l'immobilisation et l'état de l'extrémité du membre.

Immobilisation du membre inférieur à l'aide d'une attelle modulable

L'attelle modulable est utilisée pour les immobilisations du membre inférieur en dessous du genou.

La mise en place est réalisée au minimum par trois secouristes :

les secouristes 1 et 2 doivent :

  • maintenir le membre blessé au niveau des articulations sus et sous-jacentes au traumatisme, éventuellement après réalignement, jusqu'à la mise en place de l'attelle.

le secouriste 3 doit :

  • choisir l'attelle adaptée (longueur convenable) et lui donner la forme attendue.

les secouristes 1 et 2 doivent :

  • soulever de quelques centimètres, tout en exerçant une traction progressive, mais douce au niveau de la cheville, le membre inférieur pour permettre le passage de l'attelle.

le secouriste 3 doit :

  • glisser l'attelle sous le membre traumatisé en prenant soin d'englober les articulations sus et sous-jacentes.

les secouristes 1 et 2 doivent :

  • déposer le membre sur l'attelle et le maintenir sans relâcher la traction.

le secouriste 3 doit :

  • rabattre les côtés de l'attelle et le volet d'extrémité du pied pour lui donner la forme d'une gouttière ; Les secouristes 1 et 2 qui soutiennent le membre blessé peuvent alors déplacer leurs mains à l'extérieur de l'attelle pour la maintenir.
  • fixer l'attelle à l'aide des sangles autoagrippantes ;
  • vérifier la qualité de l'immobilisation et l'état de l'extrémité du membre.

Risques & Contraintes

La réalisation d'une immobilisation d'un membre traumatisé à l'aide d'une attelle peut provoquer une mobilisation de celui-ci si la procédure de mise en place n'est pas respectée et entraîner douleur et complications, cutanées en particulier.

Évaluation

L'immobilisation est correcte si :

  • le segment blessé et les articulations sus et sous-jacentes sont immobilisés par l'attelle ;
  • l'attelle est correctement fixée et ne risque pas de se desserrer progressivement ;
  • la douleur ressentie par la victime diminue ;
  • aucun signe de compression n'apparaît après sa mise en place (circulation en aval correcte).
07FT10 FT 07-2026

Immobilisation d’un membre inférieur au moyen d’une attelle à traction

Indication

Les attelles à traction sont utilisées pour assurer l’immobilisation des traumatismes de la cuisse et des 2/3 supérieurs de la jambe.

Elles ne peuvent être installées que sur un membre réaligné.

Elles ne peuvent pas être utilisées si :

  • les deux membres inférieurs sont atteints (préférer alors le MID) ;
  • il existe un traumatisme de la cheville ou du pied ;
  • il existe un traumatisme du bassin ou de la partie inférieure du dos.

L’attelle à traction ne peut être mise en place qu’à la demande et en présence d’un médecin.

Justification

L’immobilisation est obtenue en exerçant une traction sur le membre traumatisé.

Cette immobilisation limite les mouvements du membre traumatisé, diminue la douleur et prévient la survenue de complications.

Matériel

L’attelle décrite ici est l’attelle à traction pneumatique dite de Donway.

Elle est composée :

  • d’une partie supérieure constituée de deux barres métalliques réunies par deux sangles, dont l’une, rembourrée et réglable, constitue l’anneau de blocage du bassin, et l’autre, plus large, soutient la cuisse ;
  • d’une partie inférieure en forme de « U » et creuse, qui comporte :
  • une traverse métallique fixe, munie d’une semelle support de pied et de sangles auto-agrippantes,
  • une large sangle réglable pour soutenir la jambe,
  • une pompe et un manomètre reliés au tube creux constituant le « U ».

L’engagement des deux barres supérieures dans les branches creuses du « U » réalise deux vérins, qui, commandés par la pression créée par la pompe, appliquent sur le membre une traction contrôlée par un dynamomètre. Une soupape de sécurité entre en jeu lorsque la pression est excessive.

Il existe d’autres types d’attelles à traction, notamment manuelles.

Réalisation

Si un autre type de matériel est utilisé, respecter les consignes d’installation du fabricant.

Réalisée sous le contrôle d’un médecin, sa mise en place nécessite au moins trois secouristes, formés et entraînés à son utilisation :

le secouriste 3 doit :

  • réaliser le maintien du bassin ;

le secouriste 1 doit :

  • maintenir le membre blessé dans l'axe par une traction progressive et prudente au niveau de la cheville, le pied bien tendu ;
  • soulever le membre blessé de quelques centimètres pour la mise en place du matériel.

le secouriste 2 doit :

  • ajuster l'anneau supérieur qui bloque le bassin en le faisant glisser sous le genou et en le remontant juste au sommet de la cuisse ;
  • attacher la boucle sans la serrer, en réclinant les organes génitaux externes chez l'homme ;
  • préparer l'attelle en engageant les deux barres supérieures dans les deux branches du « U » et en la positionnant à côté du membre inférieur de la victime ;
  • régler la longueur de l'attelle ;
  • mettre à zéro le dynamomètre ;
  • desserrer les barres de serrage et relever le support de pied ;
  • glisser l'attelle de part et d'autre du membre traumatisé ;
  • engager les fiches de l'anneau de blocage du bassin dans les barres supérieures ;
  • fixer le pied au support de pied, à angle droit, par les bandes autoagrippantes disposées en « huit » ;
  • utiliser la pompe pour appliquer la pression de traction prescrite par le médecin, en général de 15 kg. L'aiguille du manomètre se trouve alors dans la zone verte du cadran.

le secouriste 1 doit :

  • relâcher alors le maintien du membre.

les secouristes 1 et 2 doivent :

  • ajuster les sangles de cuisse et de jambe en évitant d'appuyer sur la zone traumatisée ;
  • verrouiller les barres de serrage reliant les barres au « U » ;
  • demander au médecin de vérifier la bonne installation de l'attelle ;
  • relâcher la pression en purgeant le circuit par ouverture de la valve quand l'installation est correcte.

Risques & Contraintes

La réalisation d'une immobilisation à l'aide d'une attelle à traction peut provoquer une mobilisation excessive du foyer de fracture si la procédure de mise en place n'est pas respectée et entraîner douleur et complications.

En milieu nécessitant des chaussures spéciales (montagne), desserrer les chaussures avant la fin de la mise en place de l'attelle. Les risques de gelures engendrées par les chaussures peuvent être augmentés par l'anneau immobilisateur du bassin.

Évaluation

L'immobilisation est correcte si :

  • le segment blessé et les articulations sus et sous-jacentes sont immobilisés par l'attelle ;
  • l'attelle est correctement fixée ;
  • la douleur ressentie par la victime diminue ;
  • aucun signe de compression n'apparaît après sa mise en place (circulation en aval correcte) ;
  • il n'y a pas de douleur testiculaire chez l'homme.
07AC08 AC PSE2 07-2026

Traumatisme du dos et du cou

Définition

Il s'agit de lésions à type d'entorse, de fracture, de luxation ou de tassement qui peuvent siéger à n'importe quel niveau de la colonne vertébrale.

Causes & Mécanisme

Une atteinte de la colonne vertébrale survient lors d'un choc direct sur la colonne vertébrale ou d'un traumatisme indirect survenant à distance de celle-ci comme :

  • un choc direct au niveau du cou ou du dos ;
  • un choc indirect :
  • une chute sur la tête (plongeon en eau profonde),
  • une chute de grande hauteur avec réception sur les talons ou sur les fesses,
  • un mouvement brusque de flexion extension du rachis cervical1 (
  • une chute de sa hauteur chez la personne âgée ou la personne qui présente des antécédents de traumatisme du rachis ou de maladie vertébrale.

Risques & Conséquences

La gravité d'un traumatisme de la colonne vertébrale est due à la possible atteinte de la moelle épinière qui peut être :

  • comprimée par la (les) vertèbre(s) fracturée(s) ou luxée(s), par un œdème ou un hématome ;
  • sectionnée en entraînant des lésions irréversibles.

Environ 15 % des personnes qui présentent un traumatisme vertébral, qu'il s'agisse d'une fracture ou d'une luxation ont une lésion médullaire. La majorité des victimes qui présentent un traumatisme médullaire ont aussi un traumatisme vertébral.

Signes

L'expression du mécanisme : un traumatisme parfois violent, direct au niveau du dos ou du cou (coup, choc) ou indirect (flexion extension brusque).

Lors des différents bilans, est considéré comme ayant une lésion du rachis, toute victime :

  • dont les réponses sont qualifiées de non fiables2 ;
  • présentant des signes d'atteinte du rachis3 ;
  • présentant des signes d'atteinte de la moelle épinière4 ;
  • suite à un traumatisme évocateur d'accident à haut risque de lésion du rachis5 ;
  • âgée de 65 ans et plus, ou ayant des antécédents à risque⁶.

1 Collision avec un véhicule à grande vitesse, retournement d'un véhicule, victime éjectée, accident de 2 roues, chute de cheval...

2 Confère les signes de l'encadré A dans la conduite à tenir.

3 Confère les signes de l'encadré B dans la conduite à tenir.

4 Confère les signes de l'encadré C dans la conduite à tenir.

5 Confère les signes de l'encadré D dans la conduite à tenir.

⁶ Confère les signes de l'encadré E dans la conduite à tenir.

Définitions

  • la stabilisation du rachis se définit comme un procédé physique de maintien de la colonne vertébrale en position neutre avant la mise en place d'un dispositif de restriction ou d'immobilisation du rachis (maintien à deux mains de la tête de la victime dans la position en lui demandant de ne pas bouger) ;
  • la restriction des mouvements du rachis cervical se définit comme la limitation ou la réduction des mouvements du rachis cervical en utilisant un dispositif cervical comme les colliers cervicaux, ou des blocs de tête ;
  • l'immobilisation de la colonne vertébrale (corps entier) se définit comme le procédé qui permet de limiter tout mouvement de la colonne vertébrale en utilisant une combinaison de moyens (ex. : blocs de tête, collier cervical, plan dur, matelas immobilisateur à dépression).

Principe de l'action de secours

  • ne pas mobiliser la victime, en dehors :
  • d'un dégagement d'urgence, si nécessaire,
  • de sa mise en position latérale de sécurité, si elle a perdu connaissance,
  • de son immobilisation.
  • stabiliser, restreindre les mouvements puis immobiliser la tête, le cou et le tronc de la victime qui est suspecte d'une lésion du rachis afin de limiter les risques d'aggravation lors de son relevage et de son transport.

Buts : ne pas aggraver une lésion instable de la colonne vertébrale qui menace la moelle épinière et éviter toute immobilisation excessive qui pourrait entraîner des effets secondaires et des complications graves.

07PR08 PR PSE2 12-2023

Traumatisme du dos et du cou

Rechercher une menace ou détresse vitale

Devant une victime qui présente un traumatisme avec suspicion d'une lésion du rachis (cervical, thoracique, lombaire ou sacré), il faut rechercher en priorité une menace ou détresse vitale :

  • hémorragie ;
  • obstruction des voies aériennes ;
  • détresse respiratoire ;
  • détresse circulatoire ;
  • détresse neurologique.

À toutes les étapes de l'examen de la victime, limiter les mouvements du rachis, soit en lui demandant de ne pas bouger, soit en assurant une stabilisation de son rachis.

La victime présente une menace ou détresse vitale

  • toute menace ou détresse vitale doit être traitée prioritairement selon la conduite à tenir adéquate ;
  • si la victime traumatisée est consciente, demander à la victime de ne pas bouger ;
  • demander un avis médical et respecter les consignes.

L'immobilisation de la colonne vertébrale ne doit jamais passer avant la prise en charge d'une détresse vitale.

En l'absence d'une détresse vitale ou après traitement de celle-ci

  • conseiller à la victime de ne faire aucun mouvement ;
  • poursuivre la stabilisation manuelle de la tête si possible (secouriste disponible, victime non agitée) ;
  • retirer le casque de protection, s'il est encore présent ;
  • réaliser une immobilisation complète du rachis si :
  • la victime ne peut pas être examinée complètement ou l'examen n'est pas fiable (A) : la victime présente une altération du niveau de conscience ou est confuse, est sous l'influence de l'alcool ou d'autres drogues, présente de nombreuses lésions qui empêchent de rechercher des signes d'atteinte du rachis, a des difficultés de communication (langue étrangère, enfant),
  • la victime se plaint ou présente des signes d'une atteinte du rachis (B) ou de la moelle (C) comme une douleur de la colonne vertébrale, un déficit moteur ou sensitif des membres, une sensation anormale des membres (décharges électriques, fourmillements), un priapisme, une déformation de la colonne vertébrale, une sensibilité de la colonne vertébrale (douleur provoquée à la palpation), une douleur de la colonne vertébrale quand la victime tousse, essaye de se déplacer ou de s'asseoir1,
  • la victime présente un traumatisme à haut risque (D) de lésion du rachis et :
    • soit a plus de 65 ans,
    • soit présente des antécédents à risque (E) comme une chirurgie ou une fracture antérieure de la colonne vertébrale ou une maladie osseuse ou du rachis (ostéoporose).

1 Si la victime présente une douleur ou si des signes d'atteinte du rachis ou de la moelle apparaissent lorsque la victime se déplace, demander à la victime de s'arrêter et l'immobiliser.

(A) Victime dont les réponses sont qualifiées de NON fiables

☐ Présence d'une détresse vitale. ☐ Altération du niveau de conscience. ☐ Non, coopération, difficultés de communication. ☐ Influence de l'alcool ou d'autres drogues. ☐ Présence d'une atteinte traumatique sévère (douleur distrayante).

(B) Signes d'atteinte du rachis

☐ Douleur spontanée siégeant au niveau du rachis. ☐ Douleur du rachis à la mobilisation, à la marche. ☐ Raideur de la nuque empêchant de tourner la tête. ☐ Douleur à la palpation prudente du rachis. ☐ Déformation évidente du rachis.

(C) Signes d'atteinte de la moelle épinière

☐ Perte ou diminution de la force musculaire ou de la motricité des mains ou des pieds (difficulté de serrer les mains, de bouger les orteils, de bouger un ou plusieurs membres). ☐ Perte ou une diminution de la sensibilité des membres supérieurs (mains) ou inférieurs (pied). ☐ Engourdissement, de sensations de décharges électriques au niveau des membres (paresthésie). ☐ Perte des urines ou des matières fécales. ☐ Érection chez l'homme (victime inconsciente, victime trouvée déshabillée).

(D) Traumatismes à haut risque du rachis

☐ Chute sur la tête d'une hauteur > 1 mètre comme lors d'un plongeon (rachis cervical) ou chute sur les pieds ou les fesses d'une hauteur > 3 mètres (rachis dorso-lombo-sacré). ☐ Passager d'un véhicule accidenté à grande vitesse (voies rapides, autoroutes, vitesse > 40 km/h avec arrêt brutal contre un obstacle ou sur une courte distance < 10 m, déformation de l'habitacle). ☐ Absence de port de ceinture de sécurité (et déclenchement des airbags). ☐ Retournement d'un véhicule. ☐ Victime éjectée d'un véhicule lors de la collision. ☐ Accidents avec des véhicules à moteur de loisirs (jet-ski, quad, kart...). ☐ Collision avec un 2 roues (conducteur ou passager du 2 roues). ☐ Piéton renversé. ☐ Chute de cheval.

(E) Antécédents à risque

☐ Traumatisme vertébral ancien (fracture, luxation) ☐ Chirurgie de la colonne vertébrale. ☐ Maladie de la colonne vertébrale ou des os qui qui fragilise la colonne vertébrale (ostéoporose)

En présence d'une plaie pénétrante isolée du thorax, du cou ou de la tête

  • appliquer la conduite à tenir devant une plaie du thorax, du cou ou de la tête ;

Il ne faut ne pas perdre de temps à immobiliser la victime car l'évacuation est prioritaire afin d'augmenter les chances de survie.

Dans tous les cas

  • protéger la victime contre le froid, la chaleur ou les intempéries ;
  • transmettre un bilan et appliquer les consignes reçues ;
  • surveiller attentivement la victime, en raison du risque d'aggravation brutale, en particulier après chaque mobilisation.

Cas particuliers

Victime agitée non-coopérante

Devant une victime agitée ou non coopérante (intoxication alcoolique associée, enfant...) et qui refuse toute immobilisation, ne pas l'immobiliser, la laisser s'installer dans la position qui lui est le plus confortable tout en essayant de maintenir à 2 mains la tête dans l'axe.

Demander un avis médical.

Victime qui présente une déformation préexistante de la colonne vertébrale (cyphose, scoliose...), victime très âgée (déformations liées à l'ostéoporose)

L'immobilisation en position horizontale corps entier d'une victime très âgée ou qui présente une déformation préexistante de la colonne vertébrale est difficile et peut être contre-productive (augmentation de la douleur, aggravation des signes ou de la lésion).

Il est alors nécessaire de respecter la position et la déformation de la victime et l'immobiliser dans la position qui lui est la plus confortable.

Seul le matelas immobilisateur à dépression permet de réaliser cette immobilisation et garder la victime immobile.

Traumatisme grave et suspicion de lésion du rachis de l'enfant
  • si l'enfant a perdu connaissance, conserver la stabilisation en ligne du rachis cervical pour assurer la liberté des voies aériennes supérieures ;
  • l'aspiration des sécrétions, débris, sangs et vomissures à l'aide d'un aspirateur de mucosité doit se faire en conservant la stabilisation en ligne du rachis cervical ;
  • laisser l'enfant dans son siège d'automobile (coque) si c'est possible (pas de déformation de la coque). Parfaire l'immobilisation de la tête et du corps de l'enfant à l'intérieur du siège à l'aide de rembourrage ;
  • pour relever un enfant suspect d'une lésion du rachis et qui est allongé au sol, utiliser comme chez l'adulte un brancard cuillère plutôt qu'un plan dur ;
  • comme pour l'adulte, immobiliser l'enfant sur un matelas immobilisateur à dépression (ou attelle à dépression pour les petits enfants) qui doit rester en place pour le transfert sur le brancard à l'hôpital. Le plan dur doit être réservé aux manœuvres d'extraction et non à l'immobilisation ultérieure de l'enfant ;

• lors de l'immobilisation, une attention particulière doit être portée au maintien en ligne du rachis cervical. Comme chez l'adulte, les blocs de tête peuvent être positionnés dans le matelas à dépression ou sur le brancard cuillère pour restreindre les mouvements du rachis cervical.

Relevage et immobilisation d'une victime

L'immobilisation de la colonne vertébrale d'une victime se fait le plus souvent en position allongée. Toutefois l'immobilisation doit respecter une déformation ou une position d'attente adaptée à une détresse.

Choix du moyen

• stabilisation du rachis La stabilisation du rachis est réalisée : o en demandant à la victime de ne pas bouger si elle est consciente et coopérante ; o en maintenant la tête de la victime à deux mains pour garder le rachis cervical dans l'axe si la victime est calme. • restriction des mouvements du rachis La restriction des mouvements du rachis cervical est réalisée : o à l'aide de blocs de tête placés de part et d'autre de la tête et maintenus par des sangles ; o à l'aide d'un matelas immobilisateur à dépression (MID) ; o à l'aide d'un collier cervical rigide ; L'usage systématique du collier cervical chez l'adulte comme chez l'enfant n'est plus conseillé. Le collier cervical peut encore être utilisé pour restreindre les mouvements du rachis cervical lors de l'extraction ou du relevage d'une victime si la stabilisation de la tête par un sauveteur s'annonce difficile ou aléatoire. Le collier cervical ne doit pas être utilisé s'il existe une contre-indication comme : ▪ une possible obstruction des voies aériennes, ▪ une déformation préexistante du rachis cervical (dans ce cas, maintenir la tête dans la position où elle se trouve). Le collier cervical doit être : ▪ adapté à la taille de la victime, ▪ positionné correctement, ▪ desserré une fois l'immobilisation sur le MID réalisée, ▪ resserré pour une nouvelle mobilisation (transfert sur un brancard). Après mise en place du collier, réévaluer la liberté des voies aériennes. • immobilisation de la colonne vertébrale L'immobilisation corps entier d'une victime qui présente un traumatisme du rachis est réalisée : o en priorité dans un matelas immobilisateur à dépression qui doit rester en place pour le transfert sur le brancard à l'hôpital. Les blocs de tête peuvent être utilisés pour restreindre les mouvements du rachis cervical à l'intérieur du matelas ; Une fois immobilisée, si la victime porte un collier cervical rigide, il faut le desserrer. Le MID permet aussi d'immobiliser les victimes dans la position adaptée à leur détresse (demi-assise pour une détresse respiratoire). o exceptionnellement sur un plan dur équipé de blocs de tête : ▪ en cas d'indisponibilité d'un MID, ▪ si le nombre de secouristes n'est pas suffisant pour transférer la victime du plan dur sur le MID, ▪ en l'absence de contre-indications comme : • une déformation préexistante de la colonne vertébrale,

  • ou s'il faut immobiliser la victime dans une autre position (détresse respiratoire).

Choix de la technique de relevage

  • relevage d'une victime allongée sur le sol

Pour relever une victime allongée au sol, il est préférable d'utiliser un brancard cuillère plutôt qu'un plan dur.

Une fois installés sur le brancard cuillère, les blocs de tête peuvent être utilisés pour restreindre les mouvements du rachis cervical. Ils permettent ainsi de libérer le secouriste chargé du maintien de la tête lors du transfert de la victime dans un moyen d'immobilisation.

En l'absence de brancard cuillère, relever la victime en utilisant une technique de relevage en pont à plusieurs secouristes.

Si aucune des deux techniques précédentes n'est possible, mettre en place un collier cervical et installer la victime sur un plan dur par roulement au sol avant de la transférer dans un moyen d'immobilisation.

  • victime située dans un endroit difficile d'accès (endroit exigu, véhicule accidenté...)

Si la victime nécessite une immobilisation corps entier, réaliser une technique d'extraction en utilisant les moyens dédiés comme le plan dur ou l'attelle cervico-thoracique.

Si la stabilisation de la tête par un sauveteur est difficile lors de la manœuvre d'extraction, il est nécessaire de restreindre les mouvements du rachis avec un collier cervical rigide puis l'attelle cervico-thoracique.

En l'absence d'indication d'immobilisation corps entier, rechercher la coopération de la victime et lui demander de se dégager elle-même, puis, si elle le peut de s'allonger sur le brancard.

Interrompre tout mouvement si la victime présente une aggravation de la douleur ou des signes d'atteinte de la moelle.

07FT11 FT PSE1 12-2023

Maintien de la tête en position neutre

Indication

Le maintien de la tête du blessé en position neutre est recommandé dès qu'un traumatisme de la tête, de la nuque ou du dos de la victime est suspecté, dans l'attente d'une éventuelle immobilisation complète de l'axe tête-cou-tronc.

Le maintien de la tête peut être interrompu après avoir demandé à la victime de ne pas bouger la tête et si cette dernière est allongée à plat dos, calme et coopérante.

Justification

Le maintien de la tête du blessé en position neutre, dans l'alignement du tronc, limite les mouvements intempestifs du cou et permet la stabilisation du rachis cervical dans l'attente de son immobilisation.

Matériel

Aucun matériel.

Réalisation

Victime allongée sur le dos

  • demander à la victime de ne pas bouger la tête et la prévenir de ce que l'on va faire ;
  • se placer en position stable à genou dans l'axe de la victime, au niveau de sa tête ;
  • prendre appui avec les coudes1 sur le sol ou sur les genoux ;
  • placer les mains de chaque côté de sa tête pour la maintenir dans la position où elle se trouve ;
  • replacer la tête, si nécessaire, délicatement, dans l'axe du tronc, sans exercer de traction, jusqu'à ce que la victime regarde droit devant.
  • maintenir la position :
  • au moins jusqu'à l'immobilisation du rachis cervical,
  • en général, jusqu'à l'immobilisation complète du rachis.

Victime debout ou assise

  • se positionner devant ou derrière la victime ;
  • placer les mains de chaque côté de la tête de la victime ;
  • replacer délicatement la tête dans l'axe du tronc, en soulageant le rachis cervical du poids de la tête, jusqu'à ce que la victime regarde droit devant ;
  • maintenir la position tant que l'axe tête-cou-tronc n'est pas complètement immobilisé (ACT, plan dur avec immobilisateur de tête).

1 Diminue la fatigue et augmente la stabilité

Risques & Contraintes

Si un déplacement de la tête est nécessaire pour la ramener en position neutre, la manœuvre sera immédiatement interrompue si :

  • une résistance au déplacement de la tête est perçue ;
  • le déplacement déclenche ou aggrave une douleur cervicale ;
  • le déplacement déclenche des sensations anormales (fourmillements, décharges électriques) dans les membres supérieurs ou inférieurs.

Dans ces cas, maintenir la tête dans la position où elle se trouve dans l'attente d'un renfort médical.

Évaluation

La tête de la victime reste en position neutre.

07FT12 FT PSE1 12-2023

Pose d’un collier cervical

Pose d'un collier cervical

Indication

Le collier cervical est mis en place aussi bien chez l'adulte que chez l'enfant suspect d'un traumatisme du rachis pour assurer une restriction des mouvements du rachis cervical avant une manœuvre de mobilisation de la victime, si la stabilisation du rachis par une technique manuelle ne peut pas être réalisée, car elle est difficile ou aléatoire.

La mise en place du collier cervical est réalisée après installation de la tête de la victime en position neutre.

Si la victime est allongée sur le ventre, le collier cervical est installé après son retournement.

Le collier cervical ne doit pas être utilisé s'il existe :

  • une possible obstruction des voies aériennes ;
  • une impossibilité de mettre la tête en position neutre (déformation préexistante du rachis cervical).

Justification

En limitant les mouvements du rachis cervical, le collier diminue le risque d'apparition ou d'aggravation d'une lésion de la moelle épinière lors de la manipulation d'une victime porteuse d'une lésion du rachis qui menace la moelle épinière.

Matériel

Un collier cervical adapté à la taille de la victime.

Réalisation

Victime allongée sur le dos

Le secouriste 1 doit :

  • maintenir la tête en position neutre pendant toute la manœuvre.

Le secouriste 2 doit :

  • dégager tout ce qui peut gêner la mise en place du collier cervical ;
  • choisir un collier cervical adapté à la taille de la victime ou en régler la taille ;

La hauteur du collier cervical doit être égale à la distance qui sépare le menton du haut du sternum de la victime. Ce réglage se fait en fonction du modèle utilisé.

  • glisser la partie arrière du collier sous la nuque de la victime en dégageant la ou les bandes autoagrippantes ;
  • positionner la partie avant du collier afin d'obtenir un bon appui menton-sternum ;
  • ajuster la hauteur du collier, si c'est possible (selon le modèle) ;
  • fixer les sangles ;
  • réévaluer la liberté des voies aériennes et s'assurer que le collier ne gêne pas la respiration de la victime.

La mise en place d'un collier cervical n'empêche pas le maintien par un secouriste de la tête de la victime lors de sa mobilisation dans les opérations d'extraction ou pour l'installer sur un dispositif d'immobilisation comme le MID.

Victime assise ou debout

Le secouriste 1 doit :

  • se placer de préférence derrière la victime ;
  • maintenir la tête en position neutre durant toute la manœuvre.

Le secouriste 2 doit :

  • dégager tout ce qui peut gêner la mise en place du collier cervical ;
  • choisir un collier cervical adapté à la taille de la victime ou en régler la taille ;
  • positionner la partie avant du collier afin d'obtenir un bon appui menton-sternum ;
  • glisser la partie arrière du collier sous la nuque de la victime ;
  • entourer le cou de la victime avec le collier et fixer les bandes autoagrippantes ;
  • réévaluer la liberté des voies aériennes et s'assurer que le collier ne gêne pas la respiration de la victime.

Risques & Contraintes

Une aggravation ou l'apparition d'un traumatisme de la moelle épinière peut survenir si une restriction des mouvements du rachis cervical n'est pas assurée.

Si le collier cervical n'est pas de taille adaptée au cou de la victime, les mouvements de la tête sont possibles.

Le collier cervical ne limite pas en totalité les mouvements de rotation et de latéralité de la nuque.

La mise en place du collier cervical peut entraîner des complications, comme une obstruction des voies aériennes, une difficulté à assurer une libération des voies aériennes, une compression des vaisseaux du cou avec aggravation d'un traumatisme crânien ou des complications locales par compression.

Le collier cervical peut aggraver une détresse respiratoire, particulièrement lorsqu'il est associé à des moyens d'immobilisation comme l'ACT.

Évaluation

Le collier cervical doit être :

  • adapté à la taille de la victime ;
  • positionné correctement : en appui sur le sternum et le menton en avant, le haut du dos et la base de la tête en arrière ; les clavicules et les angles de la mandibule latéralement doivent aussi être en contact avec le collier ;
  • relâché une fois l'immobilisation sur le MID réalisée.

Après mise en place du collier, la liberté des voies aériennes doit être réévaluée.

07FT13 FT PSE2 11-2021

Pose de l’attelle cervico-thoracique

Indication

L’attelle cervico-thoracique (ACT) est un moyen qui permet d’immobiliser la tête, la nuque et le dos d’une victime suspecte d’un traumatisme de la colonne vertébrale, le plus souvent en position assise, pour assurer son dégagement ou son extraction.

L’ACT est mise en place après avoir placé un collier cervical pour assurer une restriction des mouvements du rachis cervical pendant sa mise en place.

Justification

Lorsqu’un traumatisme de la colonne vertébrale est suspecté, l’ACT permet de limiter les risques de mobilisation du rachis pendant une manœuvre d’extraction de la victime (victime incarcérée). Malgré tout, sa mise en place est toujours difficile et doit être prudente pour ne pas elle-même mobiliser le rachis.

Matériel

Une ACT, composée :

  • d’un corset semi-rigide (dans le sens de la hauteur), constitué d’une bande thoracique (corset) relié à un rabat qui immobilise la tête ;
  • de 3 sangles thoraciques ;
  • de 2 sangles de cuisses ;
  • de poignées de portage ;
  • d’un coussin de tête ;
  • de sangles de maintien de la tête au niveau du front et du menton ;
  • d’un sac de rangement.

Réalisation

La mise en place d’une ACT nécessite trois intervenants :

  • un secouriste, placé de préférence, derrière la victime, maintient la tête de la victime à deux mains pendant toute la manœuvre (secouriste 1) ;
  • deux secouristes se placent de part et d’autre de la victime pour installer l’ACT (secouristes 2 et 3).

Après avoir posé le collier cervical :

Le secouriste 2 ou 3 doit :

  • contrôler la motricité et la sensibilité de l’extrémité de chaque membre, si cela n’a pas été réalisé au cours du 4ème regard.

Les secouristes 2 et 3 doivent :

  • décoller légèrement la victime du dossier du siège tout en maintenant l’axe tête-cou-tronc ;
  • examiner alors le dos de la victime.

Le secouriste 2 ou 3 doit :

  • insérer l’ACT, extrémité de la tête en premier entre le dos de la victime et le dossier du siège, sans toucher les avant-bras du secouriste qui maintient la tête de la victime.

Les secouristes 2 et 3 doivent :

  • centrer l'ACT sur l'axe de la colonne vertébrale ;
  • ramener la victime au contact de l'ACT ;
  • glisser ensuite les parties mobiles du corset sous les bras de la victime (partie supérieure des bandes thoraciques au contact des aisselles) ;
  • maintenir le corset thoracique en attachant la sangle thoracique du milieu, puis inférieure et supérieure ; Chez l'enfant, il est possible de rouler une couverture devant le thorax et l'abdomen si l'ACT est trop grande. Chez la femme enceinte, au cours des derniers mois de la grossesse, la sangle thoracique inférieure ne doit pas être serrée sur l'abdomen. Chez une victime qui présente un traumatisme du thorax, la sangle thoracique supérieure ne doit pas être trop serrée afin de ne pas gêner la respiration.
  • attacher les sangles de cuisses en passant sous les cuisses ; Les sangles peuvent éventuellement être croisées devant le pubis, s'il n'y a pas de traumatisme au niveau du bassin. En cas de suspicion de fracture du fémur, la sangle de la cuisse correspondante ne doit pas être placée.
  • serrer alors l'ensemble des sangles ;
  • combler si nécessaire l'espace situé entre la bande de tête et la partie postérieure de la tête de la victime avec le coussin plié ;
  • maintenir les bandes de chaque côté de la tête par les deux sangles ; L'une des sangles prend appui sur le front de la victime et l'autre sous le menton, sur la partie haute et rigide du collier cervical. Les doigts du secouriste 1 sont déplacés pour permettre cette manœuvre.
  • ajuster et resserrer, si nécessaire, les différentes fixations de façon à ce que l'attelle ne bouge pas et ne glisse pas au cours du déplacement ou du relevage de la victime. Éviter de comprimer le thorax et de limiter les mouvements respiratoires.

À la fin de la manœuvre :

  • contrôler la motricité et la sensibilité de l'extrémité de chaque membre ;
  • le maintien de la tête peut être relâché ;
  • une fois dans l'ACT, l'extraction de la victime peut être effectuée, éventuellement à l'aide d'un plan dur. Elle est ensuite transférée dans un MID. Pour cela, la victime peut être saisie par les poignées de l'ACT et les membres inférieurs par deux secouristes. Le troisième secouriste peut aider à cette manœuvre. Une fois la victime allongée sur le MID, l'ACT doit être retirée avant de rendre rigide le MID.

Retrait de l'ACT

En raison des risques secondaires (difficultés respiratoires), l'ACT sera retirée avant le transport de la victime vers l'hôpital. Une fois dans le MID :

  • retirer les sangles de fixation ;
  • soulever la victime en utilisant :
  • un pont à 4 porteurs, une 5ème personne retirant l'ACT lorsque la victime est soulevée de quelques centimètres,
  • un brancard cuillère en présence de 3 secouristes,
  • un pont à 3 porteurs, une 4ème personne retirant l'ACT lorsque la victime est soulevée de quelques centimètres.

Si un plan dur est présent sous la victime, le retirer en même temps que l'ACT.

Risques & Contraintes

La mise en place d'une ACT est difficile et génère souvent une mobilisation du rachis. Seuls des mouvements surs et réfléchis pourront limiter ce risque.

Une fois mise en place et les sangles thoraciques serrées, l'ACT entraîne une limitation des mouvements de la cage thoracique et est donc susceptible d'aggraver une détresse respiratoire. Son utilisation doit être limitée aux opérations de dégagement ou d'extraction des victimes. L'ACT n'est pas un moyen d'immobilisation de la colonne vertébrale à utiliser pour le transport des victimes.

Évaluation

La tête de la victime est parfaitement maintenue et l'immobilisation du rachis est assurée pour l'extraction de la victime.

L'ACT est retirée une fois la victime posée sur le MID.

07FT14 FT PSE2 11-2021

Immobilisation générale sur un plan dur

Indication

Le plan dur est un outil qui est essentiellement utilisé pour permettre une extraction d'une victime située dans un endroit difficile d'accès (endroit exigu, véhicule accidenté...).

Le plan dur avec immobilisateur de tête est utilisé en l'absence de matelas immobilisateur à dépression, pour immobiliser une victime suspecte d'un traumatisme du rachis.

Le plan dur peut aussi être utilisé pour allonger une victime suspecte d'un traumatisme du rachis et qui est retrouvée debout.

Justification

Le plan dur permet de maintenir l'axe tête-cou-tronc de la victime, de limiter le risque d'aggravation d'une éventuelle lésion de la colonne vertébrale.

Matériel

Le plan dur est constitué :

  • d'un plan rectangulaire de 1,85 m environ en longueur. En PVC, il est radiotransparent et résiste à l'eau ; L'absorption de liquide biologique ou de sang par le matériel ne doit pas être possible pour faciliter la décontamination et éviter la transmission de germes infectieux. Ce plan dur est équipé de poignées de portage.
  • de sangles pour maintenir la victime au niveau du thorax, du bassin et des membres inférieurs.

L'immobilisateur de tête est composé :

  • d'un coussin de tête, fixé sur le plan dur ;
  • de deux blocs d'immobilisation latéraux ;
  • de deux sangles de maintien de la tête au niveau du front et du menton.

Réalisation

Victime allongée sur le dos

L'usage d'un brancard cuillère reste la technique de référence pour relever une victime allongée sur le dos et la transférer sur un dispositif d'immobilisation du rachis.

En l'absence de brancard cuillère, la technique d'installation sur un plan dur d'une victime allongée sur le dos est la technique du pont à quatre porteurs.

Bien qu'entraînant un risque de mobilisation de la victime plus élevé, la technique de roulement de la victime au sol à trois secouristes (décrite ci-dessous) est utilisable si les techniques précédentes ne peuvent être réalisées.

La motricité et la sensibilité de l'extrémité de chaque membre de la victime doivent être contrôlées avant de débuter la manœuvre si cela n'a pas été fait au cours du 4ème regard.

La mise en œuvre de cette technique nécessite trois intervenants :

  • un secouriste poursuit le maintien de la tête de la victime pendant toute la manœuvre (secouriste 1) ;

C'est ce secouriste qui guide et commande l'ensemble de la manœuvre.

  • deux secouristes, pour installer la victime sur le plan dur (secouristes 2 et 3).

Après avoir posé un collier cervical :

le secouriste 2 ou 3 doit :

  • placer la face palmaire des mains de la victime sur les cuisses de celle-ci ; En aucun cas le membre supérieur du côté du retournement ne doit être placé au-dessus de la tête, car ce déplacement entraîne un mouvement au niveau de la colonne vertébrale.
  • remettre, si nécessaire, les membres inférieurs de la victime dans l'axe de son corps tout en maintenant le bassin ;
  • placer contre la victime, du côté du retournement, un rembourrage de 3 à 4 cm d'épaisseur (coussin de l'ACT ou couverture roulée ou autre moyen) ;
  • prépositionner le plan dur (équipé du coussin de l'immobilisateur de tête) le long du blessé du côté opposé au retournement.

les secouristes 2 et 3 doivent :

  • se placer à genoux du côté du retournement, à quelques centimètres du blessé, au niveau du thorax et du bassin de la victime ;
  • saisir la victime du côté opposé au retournement au niveau de l'épaule, du bassin et des membres inférieurs qui doivent rester alignés.

La main de la victime peut être bloquée contre le haut de la cuisse de la victime par la main d'un secouriste.

1er secouriste : « Êtes-vous prêts ? »

Secouristes 2 et 3 : « Prêts ! »

Secouriste 1 : « Attention pour tourner... Tournez ! »

les secouristes 2 et 3 doivent :

  • tourner la victime vers eux. Lors de cette rotation, les secouristes doivent garder les bras tendus et utiliser le poids de leur corps pour donner de la force à leur mouvement. La rotation de la victime se fait lentement et d'un bloc ; elle est arrêtée dès que la victime est sur le côté.

le secouriste 1 doit :

  • accompagner le mouvement pour garder la tête du blessé dans l'axe du tronc.

les secouristes 2 et 3 examinent rapidement le dos de la victime tant qu'elle est sur le côté.

Secouriste 1 : « Glissez le plan dur ! »

les secouristes 2 et 3 doivent :

  • glisser le plan dur sous le dos de la victime ; Pour cela, ils lui donnent une inclinaison de façon à ce qu'il vienne se plaquer contre le blessé et le maintiennent dans cette position. Ils veillent à ce que le coussin de tête soit bien positionné.
  • indiquer quand le plan dur est en place.

Secouriste 1 : « Attention pour poser... Posez ! »

les secouristes 2 et 3 doivent :

  • reposer la victime et le plan dur délicatement sur le sol ;
  • repositionner la victime au centre du plan dur en la faisant glisser si nécessaire, tout en maintenant l'axe-tête-cou-tronc et sous les ordres du secouriste 1 ;
  • solidariser la victime sur le plan dur à l'aide :

○ d'une sangle-araignée, ○ de plusieurs sangles placées au niveau de la partie supérieure du thorax, du bassin et des cuisses, juste au-dessus des genoux.

Cette immobilisation peut être complétée en s'aidant éventuellement d'une couverture roulée ou d'un coussin placé entre les jambes de la victime.

• solidariser la tête de la victime au plan dur en plaçant successivement : ○ les blocs immobilisateurs latéraux de chaque côté de la tête, ○ les sangles de fixation frontale et mentonnière.

À la fin de la manœuvre, les secouristes peuvent alors :

• contrôler la motricité et la sensibilité de l'extrémité de chaque membre.

Victime allongée sur le ventre et qui doit être installée sur un plan dur

La mise en œuvre de cette technique nécessite trois intervenants :

• un secouriste, placé à la tête de la victime, en trépied, genou relevé côté retournement et genou au sol dans le prolongement de l'épaule côté retournement de la victime, afin d'anticiper la position finale, après retournement de la victime. Il maintient la tête de la victime avec deux mains (prise occipito-frontale) (secouriste 1) ;

C'est ce secouriste qui guide et commande l'ensemble de la manœuvre.

• deux secouristes, pour installer le plan dur (secouristes 2 et 3).

Initialement :

les secouristes 2 et 3 doivent :

• remettre si nécessaire les membres inférieurs de la victime dans l'axe de son corps tout en maintenant le bassin ; • glisser les mains de la victime sous ses cuisses (paume contre face avant des cuisses) ; • installer contre la victime, du côté du retournement, un rembourrage de trois à quatre centimètres d'épaisseur (coussin de l'ACT, couverture roulée ou autre moyen) ; • placer le plan dur (équipé du coussin de l'immobilisateur de tête) à dix centimètres environ le long de la victime du côté du retournement ; • se placer à genoux sur le plan dur du côté du retournement ; • saisir la victime au niveau de l'épaule, de la hanche et des membres inférieurs.

1er secouriste : « Êtes-vous prêts ? »

Secouristes 2 et 3 : « Prêts ! »

Secouriste 1 : « Attention pour tourner... Tournez ! »

les secouristes 2 et 3 doivent :

• tourner la victime vers eux pour la mettre sur le côté (perpendiculaire au sol).

le secouriste 1 doit :

• accompagner le mouvement de la tête qui effectuera une rotation moindre que celle du corps pour la ramener en position neutre ; • ordonner l'arrêt de la manœuvre lorsque la victime est sur le côté.

Secouriste 1 : « Dégagez le plan-dur... »

les secouristes 2 et 3 doivent :

• dégager un à un leurs genoux hors du plan dur puis les poser sur le sol contre le plan dur ;

• indiquer qu'ils sont en position lorsqu'ils ont dégagé le plan dur.

Secouriste 1 : « Attention pour tourner... Tournez ! »

les secouristes 2 et 3 doivent :

• poursuivre la rotation de la victime dans la même direction que précédemment pour amener la victime en position allongée sur le dos sur le plan dur.

Victime debout

La technique d'installation d'une victime debout1 sur un plan dur et suspecte d'une lésion de la colonne vertébrale nécessite trois intervenants :

• un secouriste, placé devant la victime dans l'axe tête-cou-tronc, poursuit le maintien de la tête pendant toute la manœuvre (secouriste 1) ; • deux secouristes, pour installer le plan dur (secouristes 2 et 3).

C'est le secouriste 2, placé derrière la victime durant la manœuvre, qui commande celle-ci.

Après avoir posé le collier cervical :

le secouriste 2 doit :

• placer le plan dur équipé du coussin de l'immobilisateur de tête contre le dos de la victime ; • vérifier que rien ne peut gêner la bascule au sol du plan dur ; • saisir dans sa partie supérieure le plan dur.

le secouriste 3 doit :

• se placer face à la victime à côté du secouriste 1 ; • passer l'avant-bras du côté du secouriste 1 sous l'aisselle de la victime ; • saisir la poignée du plan dur le plus haut possible pour assurer un maintien optimal de la victime ; • placer son autre main de manière à relayer le maintien tête du secouriste 1 ;

le secouriste 1 doit :

• placer sa main libre sous l'autre aisselle de la victime ; • saisir la poignée du plan dur le plus haut possible pour assurer un maintien optimal de la victime ; • poursuivre le maintien de la tête de la victime avec son autre main.

Secouriste 2 : « Êtes-vous prêts ? »

Secouristes 1 et 3 : « Prêts ! »

Secouriste 2 : « Attention pour basculer... Basculez ! »

les trois secouristes doivent :

• allonger la victime en basculant en arrière le plan dur. Pendant cette bascule, s'assurer que la tête de la victime reste au contact du plan dur et dans l'axe du tronc en accompagnant le mouvement d'allongement de la victime sans lâcher la tête.

Si la victime retrouvée en position debout est casquée, il convient de :

• réaliser la manœuvre en lui laissant son casque ; • retirer le casque lorsque la victime a été allongée au sol au moyen du plan dur et poser ensuite le collier cervical, si nécessaire.

Transfert de la victime du plan dur sur le MID

1 Dans un grand nombre de cas, les victimes se mettent debout après avoir effectué une chute ou après un accident de la circulation. Si la victime est suspecte d'un traumatisme du rachis, il est nécessaire de l'allonger en utilisant un plan dur.

Il n'est pas obligatoire pour déplacer la victime sur quelques mètres de la sangler.

  • déposer la victime sur son plan dur dans le MID ;
  • soulever la victime pour retirer le plan dur avant de l'immobiliser en utilisant :
  • un pont à 4 porteurs, une 5ème personne retirant le plan dur lorsque la victime est soulevée de quelques centimètres,
  • un brancard cuillère en présence de 3 secouristes,
  • un pont à 3 porteurs, une 4ème personne retirant le plan dur lorsque la victime est soulevée de quelques centimètres,
  • si aucune de ces techniques ne peut être utilisée, la victime sera transportée immobilisée sur le plan dur.

Immobilisation d'une victime sur un plan dur

le secouriste 1

  • maintient la tête à deux mains ;

les secouristes 2 et 3 doivent

  • solidariser la tête de la victime au plan dur en plaçant successivement :
  • les blocs immobilisateurs latéraux de chaque côté de la tête,
  • les sangles de fixation frontale et mentonnière.

Les secouristes peuvent alors :

  • solidariser la victime sur le plan dur à l'aide :
  • d'une sangle-araignée,
  • de plusieurs sangles placées au niveau de la partie supérieure du thorax, du bassin et des cuisses, juste au-dessus des genoux. Cette immobilisation peut être complétée en s'aidant éventuellement d'une couverture roulée ou d'un coussin placé entre les jambes de la victime.
  • contrôler la motricité et la sensibilité de l'extrémité de chaque membre.

À l'hôpital, la victime doit être placée sur le brancard de l'hôpital conditionnée avec son matériel d'immobilisation. Le retrait du matériel d'immobilisation est sous la responsabilité de l'hôpital.

Idéalement, le transfert d'une victime suspecte d'un traumatisme du rachis entre deux dispositifs se fait à l'aide d'un brancard cuillère.

Risques & Contraintes

Le non-respect de la technique est susceptible d'aggraver une lésion de la colonne vertébrale.

Des sangles thoraciques trop serrées sont susceptibles d'aggraver une détresse respiratoire.

Évaluation

Une fois immobilisée, la victime :

  • ne peut faire aucun mouvement spontané de la tête ;
  • a l'axe tête-cou-tronc maintenu ;
  • ne peut glisser ni vers le haut, ni vers le bas, ni sur le côté ;
  • peut respirer sans gêne, malgré les sangles ;
  • ne présente aucun signe d'aggravation d'une lésion de la colonne vertébrale.
07FT15 FT PSE2 06-2018

Immobilisation générale sur un matelas à dépression

Indication

Le matelas immobilisateur à dépression (MID) est utilisé pour immobiliser la colonne vertébrale d'une victime, suspecte d'un traumatisme de la colonne vertébrale, du bassin ou de la cuisse.

Ce moyen est particulièrement indiqué si la victime présente de multiples lésions.

Le MID permet aussi d'immobiliser les victimes dans la position adaptée à leur détresse (demi-assise pour une détresse respiratoire).

Le MID doit rester en place pour le transfert sur le brancard à l'hôpital.

Justification

En immobilisant le corps entier d'une victime, le MID permet de respecter son axe tête-cou-tronc et limite toute apparition ou aggravation d'une éventuelle lésion de la colonne vertébrale au cours de la mobilisation ou du transport d'une victime.

Il permet en outre d'immobiliser les membres inférieurs.

Matériel

Le matelas immobilisateur à dépression est constitué :

  • d'une enveloppe souple, résistante et étanche contenant des billes de polystyrène expansé ;
  • d'un robinet permettant de régler la sortie ou l'entrée de l'air ;
  • d'un dispositif de saisie (poignées) ;
  • de sangles de maintien.

Il ne peut être utilisé qu'avec une pompe d'aspiration manuelle ou électrique.

Son principe de fonctionnement consiste, une fois la victime installée sur le matelas, à aspirer l'air contenu dans l'enveloppe étanche. Cette aspiration provoque une solidarisation des petites billes qui rigidifie le matelas en moulant la victime, ce qui provoque son immobilisation.

Réalisation

L'installation d'une victime sur le MID est effectuée en utilisant :

  • un brancard cuillère ;
  • une technique de relevage dite du pont à quatre équipiers porteurs ;
  • exceptionnellement un plan dur.

Préalablement à l'installation de la victime, il faut :

  • placer le MID à proximité de la victime, dans une position adaptée à la technique de relevage utilisée ; Dans la mesure du possible, la surface doit être plane et dure. Si nécessaire, une bâche de protection doit être mise sous le matelas afin de limiter les risques de déchirure ou de coupure.
  • ouvrir le robinet pour permettre l'entrée de l'air et répartir les billes qui se désolidarisent ;
  • rigidifier modérément le MID en relevant les côtés pour faciliter la manœuvre de relevage ;

• mettre en place un drap ou une couverture de survie1.

Une fois la victime déposée sur le MID à l'aide d'une technique adaptée :

• retirer systématiquement un dispositif de portage éventuel ; • mettre en forme le matelas autour du corps de la victime. Pour cela : o rapprocher les bords du matelas de part et d'autre de la tête de la victime, Cela permet au secouriste de dégager ses mains puis de les replacer à l'extérieur du matelas et poursuivre le maintien de la tête jusqu'à la rigidification de ce dernier. Les blocs de tête peuvent être utilisés pour restreindre les mouvements du rachis cervical à l'intérieur du matelas. Le matelas ne doit en aucun cas appuyer sur le sommet du crâne, car l'aspiration de l'air entraînerait par rétraction une flexion de la tête. o maintenir les bords latéraux du matelas le long de la victime sans la mobiliser, en s'aidant des sangles de maintien. • faire le vide à l'intérieur du matelas en aspirant l'air avec un dispositif d'aspiration jusqu'à ce que le matelas devienne dur ; • fermer le robinet et déconnecter le dispositif d'aspiration ; • ajuster les sangles de maintien.

Une fois la victime immobilisée, si elle porte un collier cervical rigide, il est possible de le relâcher.

Risques & Contraintes

La rigidité du matelas doit être surveillée en permanence. Toute diminution de celle-ci (piqûre, déchirure...) nuit à la qualité de l'immobilisation générale de la victime.

Le transport de la victime doit se faire en déposant l'ensemble « victime-matelas » sur un brancard ou un plan dur et après l'avoir arrimé.

Lorsque cela n'est pas immédiatement possible, pour quelques mètres, le MID seul, une fois rigidifié, peut être utilisé en le soutenant sur les côtés pour qu'il ne se plie pas en son milieu.

Un épanchement de sang de la victime (hémorragie extériorisée, reprise du saignement d'une hémorragie externe...) peut facilement être masqué par ce type d'immobilisation.

Évaluation

L'immobilisation sur un matelas immobilisateur à dépression est correcte si :

• aucun mouvement de la victime n'est possible ; • la victime ne peut ni glisser vers le haut, ni vers le bas ou sur le côté ; • les sangles ne gênent pas la respiration de la victime ; • le matelas n'est pas au contact avec le haut du crâne.

1 La face ou la couleur de la couverture n'ont que peu d'incidence sur la déperdition de chaleur.

07AC09 AC PSE2 06-2018

Traumatisme du crâne

Définition

On appelle traumatisme du crâne (ou crânien) tout choc reçu sur le crâne.

Causes

Les traumatismes crâniens sont la conséquence de multiples mécanismes vulnérants de la boîte crânienne : choc direct, décélération brutale, blessure par un objet pénétrant...

Risques & Conséquences

Un choc direct au niveau de la tête peut entraîner, selon son intensité et son mécanisme, des lésions cutanées, osseuses (fractures) ou cérébrales.

Une décélération brusque avec un arrêt net de la tête, sans aucun choc sur un obstacle, peut également entraîner des lésions cérébrales, uniquement par l'ébranlement du cerveau contre la boîte crânienne.

Ces lésions peuvent être plus ou moins rapidement évolutives et mettre en jeu le pronostic vital. Il faut donc surveiller régulièrement l'état de conscience de la victime. Dans certains cas, une prise en charge chirurgicale précoce est nécessaire pour augmenter les chances de récupération.

Signes

L'expression du mécanisme : un traumatisme parfois violent au niveau du crâne (coup, choc) ou indirect (décélération brutale).

Au début du bilan, la victime peut présenter :

  • une perte de connaissance qui persiste depuis l'accident ;
  • des troubles de la conscience (somnolence, confusion, agitation anormale) ;
  • des convulsions ;
  • une asymétrie pupillaire nette et fixe.

Lors de la poursuite du bilan :

La victime peut se plaindre : - de céphalées ou d'une douleur spontanée au niveau des os du crâne ; - de nausées ou de vomissements. À l'examen, le secouriste peut trouver : - une perte de la mémoire des faits souvent synonyme d'une perte de connaissance passagère immédiatement après l'accident, parfois relatée par les témoins ; - un déficit moteur neurologique ; - une plaie du cuir chevelu, un hématome ou une déformation ; - un hématome « en lunettes » (autour des yeux) pouvant témoigner d'une fracture des os de la base du crâne ; - une otorragie ou une épistaxis ; - En cas d'otorragie, la compression manuelle est inutile. Vérifier que l'écoulement sanguin vient bien de l'intérieur de l'oreille en la nettoyant avec une compresse ; - des lésions associées en particulier de la colonne cervicale.
INTOXICATIONS (volontaires ou involontaires) Alcool Stupéfiants Médicaments (arrêt brutal, surdosage, interactions médicamenteuses). Les prises de toxiques sont souvent associées entre elles (alcool et cocaïne par exemple) ...
TROUBLES PSYCHIATRIQUES ÉTATS AIGUS : états transitoires, mais qui parfois peuvent être un mode de révélation d'une maladie psychiatrique ÉTATS CHRONIQUES : troubles liés à une affection psychiatrique permanente, engendrant des difficultés dans la vie de la personne, des souffrances et des troubles du comportement (schizophrénie, troubles bipolaires, troubles du comportement alimentaire, troubles addictifs ...)
Lunettes à oxygène 1 2
Lunettes ou visière de protection 3 6
Mannequin de réanimation cardio-pulmonaire adulte (corps entier : bras et jambes) 1 2
Mannequin de réanimation cardio-pulmonaire enfant (corps entier : bras et jambes) 1 2
Mannequin de réanimation cardio-pulmonaire nourrisson 1 2
Masque à inhalation à haute concentration (adulte) EQS
Masque à inhalation à haute concentration (enfant) EQS
Masque à inhalation simple (adulte) EQS
Masque à inhalation simple (enfant) EQS
Masque d'insufflation adulte 1 2
Masque d'insufflation pédiatrique 1 2
Masque d'insufflation nouveau-né 1 2
Masques de protection FFP2 EQS
Masques chirurgicaux EQS
Matériels nécessaires pour les garrots improvisés 1 2
Matériels nécessaires pour les pansements compressifs improvisés 1 2
Matériels de simulation (factices ou neutralisés), maquillages, fausses plaies, etc. 1 2
Oxymètre de pouls* 1 2
Paire de ciseaux type Jesco 1 2
Pansements « américain » EQS
Pansements adhésifs de différentes tailles EQS
Pansements imbibés de substance hémostatique de formation 2 4
Pansements individuels 2 4
Pansements stériles pour brulure type SSA EQS
Pansement type C EQS
Pince à échardes 1 2
Pompe à dépression 1 2
Poubelles DAOM 1 2
Ruban adhésif 1 2
Ruban de balisage 1 2
Sacs poubelles DAOM EQS
Sacs DASRI EQS
Sac de secours 1 2
Sachet plastique refermable 1 2
Sangles de fixation 3 6
Savon neutre liquide EQS
Seaux de couleurs différentes 2 4
Sérum physiologique EQS
Solution détergente / désinfectante pour sol EQS
Solution détergente / désinfectante en spray pour surfaces EQS
Solution hydro-alcoolique EQS
Sondes d'aspiration buccale de différentes tailles EQS
Stéthoscope adulte 1 2
Surblouse EQS
Tensiomètre électronique 1 2
Tensiomètre manuel 1 2
Thermomètre électronique 1 2
Draps à usage unique EQS
Alèse portoir 1 2
Attelle cervico-thoracique 1 2
Bassin d'accouchement 1 2
Bonnet pour nouveau-né 1 2
Brancard cuillère 1 2
Brancard simple 1 2
Ceinture pelvienne de taille moyenne 1 2
Dispositifs médicaux non occlusifs pour plaie au thorax 1 2
Immobilisateur de tête pour plan dur et brancard cuillère 1 2
Kit accouchement comprenant au moins 2 clamps et une paire de ciseaux stérile 1 2
Matelas immobilisateur à dépression 1 2
Plan dur radio transparent 1 2

Au cours de la surveillance, on peut constater :

  • la survenue d'une perte de connaissance secondaire ;
  • des troubles de la conscience apparaissant plusieurs minutes à plusieurs heures après l'accident alors que la victime était parfaitement consciente (intervalle libre).

Chez l'enfant ou le nourrisson, les signes peuvent être différents de ceux de l'adulte :

  • la perte de connaissance est moins fréquente ;
  • l'enfant ou le nourrisson peut présenter des troubles du comportement (il ne joue plus, il est prostré) souvent constatés par l'entourage ;
  • une pâleur.

Toute chute d'un enfant ou d'un nourrisson, d'une hauteur supérieure à sa taille (table à langer, chaise haute) doit faire suspecter un traumatisme crânien et faire l'objet d'un avis médical immédiat.

Principe de l'action de secours

  • limiter les risques d'aggravation par une immobilisation de la victime suspecte d'une lésion du rachis ;
  • demander un avis médical.
07PR09 PR PSE2 07-2026

Traumatisme du crâne

Face à une urgence ou une détresse vitale, ou en cas d'aggravation

  • appliquer la conduite à tenir adaptée et réaliser en priorité les gestes d'urgence qui s'imposent ;

La victime ne présente pas de détresse vitale apparente

  • maintenir la tête en position neutre ;
  • retirer le casque de protection si la victime en est équipée ;
  • administrer de l'oxygène en inhalation, si nécessaire ;
  • si besoin, stabiliser ou restreindre les mouvements du rachis cervical ;
  • protéger la victime contre le froid, la chaleur ou les intempéries ;
  • transmettre un bilan et appliquer les consignes reçues ;
  • surveiller attentivement la victime, en raison du risque d'aggravation brutale.

Si l'immobilisation du rachis est nécessaire

  • relever la victime en utilisant la méthode de relevage adaptée ;
  • immobiliser le rachis de la victime avec le matériel le plus adapté.
07AC10 AC PSE2 12-2023

Traumatisme du bassin

Définition

C'est l'ensemble des signes dus à une atteinte traumatique du bassin, avec ou sans plaie. Il est responsable de fractures ainsi que de lésions des organes internes, notamment hémorragiques, pouvant mettre rapidement en jeu la vie de la victime. Il est grave et touche surtout l'adulte jeune.

Causes

Il survient dans un contexte de traumatisme à haute cinétique (accident de la voie publique, chutes de grande hauteur) avec dans deux cas sur trois des lésions associées (thorax, crâne, membres). Le choc peut-être :

  • direct avec ou sans plaie au niveau de la partie basse de l'abdomen, des hanches ou des fesses ;
  • à distance du bassin et transmis1 par l'intermédiaire des os des membres inférieurs.

Plus rarement, il peut survenir à la suite de traumatismes à faible énergie chez la personne âgée.

Risques & Conséquences

La mortalité des traumatismes du bassin est de l'ordre de 8 à 15 %. La gravité est due :

  • à la perte de sang2 due aux fractures elles-mêmes ;
  • à une perforation ou une rupture de vessie ou des canaux d'évacuation de l'urine.

Signes

L'expression du mécanisme : un traumatisme parfois violent, direct au niveau du bassin (écrasement, coup, choc) ou moins violent chez une personne âgée.

La victime peut se plaindre :

  • d'une douleur spontanée siégeant au niveau du bassin ou dans la partie basse de l'abdomen. Elle est un signe évocateur d'un traumatisme du bassin.

À l'examen, le secouriste peut trouver :

  • une douleur localisée au niveau du bassin ;
  • une impossibilité de bouger les membres inférieurs en raison de la douleur ;
  • la présence de sang dans les urines ou sur les sous-vêtements (liée à l'atteinte de la vessie ou de l'urètre) ;
  • un hématome important au niveau du pubis ;
  • une lésion des organes urogénitaux externes, particulièrement chez l'homme ;
  • des lésions associées peuvent masquer le traumatisme du bassin.

Toute victime traumatisée qui a perdu connaissance et qui présente des signes de détresse circulatoire doit être considérée systématiquement comme suspecte d'un traumatisme du bassin.

Principe de l'action de secours

  • prévenir toute détresse circulatoire par une surveillance attentive ;
  • limiter toute mobilisation de la victime, sauf en cas de nécessité absolue ;
  • immobiliser la victime et assurer une contention du bassin si nécessaire ;
  • demander un avis médical.

1 Chute ou choc sur la hanche, chute de grande hauteur sur les talons.

2 Une fracture multiple du bassin est fréquemment responsable d'une hémorragie interne importante.

07PR10 PR PSE2 07-2026

Traumatisme du bassin

Face à une urgence ou une détresse vitale, ou en cas d'aggravation

  • appliquer la conduite à tenir adaptée et réaliser en priorité les gestes d'urgence qui s'imposent ;

Face à un traumatisme du bassin

  • laisser la victime en une position allongée stricte, si possible ;
  • dénuder le bassin de la victime :
  • dans la mesure du possible en préservant son intimité pour vérifier la présence de lésions (plaies, hématomes, œdèmes) ou de sang sur les sous-vêtements,
  • pour vérifier la présence de lésions dans le bas du dos ou au niveau des fesses de la victime au cours de sa mobilisation (PLS, relevage, immobilisation).
  • mettre en place une contention externe du bassin :
  • si la victime présente un traumatisme du bassin associé à des signes de détresse circulatoire :
    • après avis médical ;
    • en cas d'impossibilité d'obtenir un avis médical.
  • protéger au plus vite contre le froid, le vent ou la chaleur ;
  • transmettre le bilan pour obtenir un avis médical ;
  • relever et immobiliser sur un matelas à dépression, selon les consignes reçues ;
  • surveiller attentivement la victime du fait d'un risque d'aggravation brutale.
07FT16 FT PSE2 12-2023

Contention pelvienne

Indication

Une contention pelvienne est mise en place chez une victime suspecte d'un traumatisme du bassin avant son transport :

  • après avis ou à la demande du médecin ;
  • si la victime présente des signes de détresse circulatoire (hémorragie interne) et qu'un avis médical ne peut pas être obtenu.

Une contention pelvienne peut être préinstallée sous la victime dans l'attente d'un avis médical.

Justification

En réalisant une compression circonférentielle, la ceinture pelvienne entraîne :

  • un rapprochement des ailes iliaques, qui rapproche les fragments osseux de la fracture et les immobilise ;
  • une diminution du saignement secondaire aux lésions vasculaires associées par :
  • immobilisation de la région lésée,
  • augmentation de la pression intra-abdominale.

Matériel

Une ceinture pelvienne adaptée à la taille de la victime.

La réalisation de ceinture improvisée à l'aide d'un moyen de fortune (drap...) n'est pas recommandée.

Réalisation

La victime est allongée sur le dos :

  • glisser la ceinture sous les genoux de la victime ;
  • relever légèrement la victime (pont adapté, à plusieurs sauveteurs) pour décoller ses fesses du sol ;
  • glisser la ceinture sous les fesses, la centrer au niveau des grands trochanters ;
  • reposer la victime au sol ;
  • ramener les deux extrémités de la ceinture au niveau de la symphyse. Dans certains cas il est possible de couper ou de rabattre à l'intérieur les extrémités pour les adapter à la taille de la victime ;
  • assurer une tension appropriée1 de la ceinture en utilisant le dispositif de serrage prévu à cet effet et sécuriser sa fermeture.

La ceinture doit rester en place et laissée avec la victime à l'hôpital.

1 La tension appropriée est définie selon le type de ceinture utilisé.

Risques & Contraintes

La ceinture pelvienne est particulièrement efficace pour les fractures dites « en livre ouvert » du bassin. Mise en place pour d'autres types de fractures, elle ne présente pas d'effet secondaire si les conditions de mise en place sont respectées.

La mise en place de la ceinture ne doit pas prendre plus de 3 à 5 minutes.

Évaluation

La ceinture mise en place assure une compression circonférentielle :

  • elle prend appui sur les côtés, au niveau des grands trochanters ;
  • en avant, elle passe sur la symphyse pubienne ;
  • une fois mise en place, le dispositif de sécurité empêche son relâchement intempestif.